J’ai Supplié Dieu que l’Islam Ne Soit Pas Vrai ! – Un Allemand Se Convertit à l’Islam | Marcel Krass
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Quand il parlait de l'islam, je me suis dit : "Waouh, c'est exactement ce en quoi je crois." Mais il y avait un problème. C'était l'islam, cette réligion perçu comme agressive et dangereuse Ça ne peut pas être la vérité. Puis il m'a donné un livre, et quand j'ai commencé à le lire, mon Dieu, mon cœur s'est mis à battre fort. Je me suis dit : "S'il Te plaît, mon Dieu, ne laissez pas ça être la vérité." Tout sauf l'islam. Choisissez autre chose, mais pas l'islam. Pourquoi ça doit être la vérité ? C'était comme une guerre intérieure qui a duré dix mois. Et cette nuit-là, je me suis dit : "Marcel, tu ne peux pas y échapper." Et je me souviens de ma première prière.
Ce fut l'expérience la plus belle de toute ma vie. Assalamou alaykoum, frère Marcel Krass. Merci d'avoir accepté notre invitation. Nous sommes ravis de vous accueillir chez Towards Eternity. Commençons par : qui est Marcel Krass ? Pouvez-vous nous raconter brièvement votre vie ? Tout d'abord, merci pour l'invitation. Je suis heureux d'être ici. Je viens d'Allemagne, j'ai 48 ans. J'ai été élevé dans le christianisme. Je me suis converti à l'islam à 18 ans. Je me suis marié peu après. Aujourd'hui, j'ai trois garçons. J'ai étudié l'ingénierie électrique, et depuis 2007 environ, je suis engagé dans la prédication de l'islam en Allemagne. Comment était votre vie spirituelle avant l'islam ?
En quoi croyez-vous auparavant ? J'ai été élevé en tant que chrétien. J'allais à l'église tous les dimanches jusqu'à l'âge de huit ans. Mon père ne croit en rien, en réalité. Ma mère était catholique et y croyait. Ils n'allaient pas à l'église régulièrement plus tard, enfin... pas de manière stricte. Je croyais en un seul Dieu et aux récits des prophètes. Pour moi, ce n'étaient pas que des contes. Mais je ne comprenais pas le concept de la Trinité. Un seul Dieu, le Fils de Dieu et le Saint-Esprit ? Je n'ai jamais cru à ça. Je priais souvent. Comme on dit en islam, je faisais des dou'as. Je L'invoquais dans les difficultés, à l'école, dans ma vie privée.
Même ado, quand je voulais une petite amie, je Le priais. Ça semble étrange maintenant, mais... Qu'est-ce qui vous a poussé à questionner vos croyances ? D'abord, la Trinité, que je ne comprenais pas. Je me disais : "C'est forcément faux." Tout d’abord, parce que c’était trop compliqué. Un seul Dieu, c'est tout. Rien de plus. J'en étais convaincu depuis l'enfance. De plus, il n’existait pas de concept clair de la vie après la mort. Ça m'intéressait beaucoup. Je cherchais des réponses autour de moi. "Que se passe-t-il après la mort ?" J'étais très curieux. Mais le christianisme n'avait pas de réponse précise.
En tant que chrétien, je croyais que Jésus était mort pour mes péchés et que tout irait bien après. "D'accord, mais qu'arrive-t-il après la mort ? Disons que je meurs maintenant et qu'on m'enterre. Et ensuite ? Expliquez-moi ça." Je me disais qu'une religion doit avoir une réponse à cette question. C'est fondamental, c'est La question essentielle. Quel est le sens de la vie ? Où allons-nous ? Pourquoi sommes-nous ici ? Je n'ai pas trouvé de réponse satisfaisante dans le christianisme. Je me suis dit qu'il manquait quelque chose. Comment avez-vous découvert l'islam ? Aviez-vous des préjugés ? J'avais énormément de préjugés sur l'islam. Vous aviez des amis musulmans ?
Aucun, jusqu'à l'âge de 16-17 ans environ. j'ai eu un ami pakistanais à l'école. C'est lui qui m'a fait découvrir l'islam. Tout ce que je savais sur l'islam se limitait à : 1) Les musulmans ne mangent pas de porc 2) Si tu t'en prends à l'un d'eux, tu auras affaire à ses 40 cousins ! C'était tout mon savoir sur l'islam. Et bien sûr, j'ai malheureusement récupéré quelques bribes dans les médias. Et ce que l’on entend à propos de l’islam dans les médias, c’est toujours la même histoire. On n'entend absolument rien sur l'Islam, l'Islam lui-même, mais quelque chose à propos des pays islamiques.
Et quand on entend parler d'eux, c'est généralement à propos de la guerre, à propos d’une attaque terroriste ou quelque chose comme ça. Je voyais l'islam comme une religion agressive, archaïque et dangereuse. Oui, c'était l'image que j'avais de l'islam avant ma conversion. Comment a commencé votre chemin vers l'islam ? Qu'est-ce qui vous a le plus marqué dans l'islam ? J'ai rencontré cet ami pakistanais à l'école. Il a commencé à me parler d'islam. Au début, il ne mentionnait même pas l'islam. Il parlait d'un Dieu unique - et moi qui croyais en un seul Dieu.
Il disait : "Tu es sûr qu'il n'y a qu'un seul Dieu, pas de Trinité ni rien d'autre." Bien sûr je lui ai dit : "Oui, je crois en cela." Puis il m'a demandé : "Que penses-tu de l'islam ?" C'était sa question. J'ai répondu : "Pourquoi l'islam ?" Quand il a commencé à en parler, j'ai vite compris que c'était exactement ce en quoi je croyais. Il m'a décrit ce Dieu unique, le Tout-Puissant, l'Omnipotent. Ses propos sur l'islam m'ont frappé : "C'est exactement ce que je crois !" Mais il y avait un problème. C'était l'islam, cette religion que je voyais comme agressive et dangereuse. Ça ne pouvait pas être la vérité. Et même...
Je suppliais : "Mon Dieu, ne laissez pas ça être la vérité." "Tout sauf l'islam. Choisissez autre chose, mais pas l'islam. Pourquoi cela doit-il être la vérité ?" Ouais, parce que j'ai dit non. "Comment suivre cette religion ? L'image de l'islam en Occident... Si j'en parle à mes parents, mes amis... Si je dis à quelqu'un que je suis musulman..." Impossible. C'est pourquoi j'ai été facilement convaincu par l'Islam, mais j'ai hésité à cause de la mauvaise image de l'Islam. En partie à cause des médias, et aussi du comportement de certains musulmans. Avez-vous trouvé des réponses sur l'au-delà ? J'ai interrogé mon ami. Une religion doit avoir des réponses claires.
Il a dit : "Nous avons ces réponses. Je peux tout t'expliquer : depuis la tombe jusqu'au Paradis ou l'Enfer." "Mon Dieu ! Laisse-moi lire ça." Il m'a donné un livre sur le voyage dans l'au-delà. En le lisant, mon cœur battait fort. Je ne pouvais plus m'arrêter. Je lisais sans fin, c'était inimaginable. Vous connaissez ces films hollywoodiens avec des astéroïdes percutant la Terre ? Ce n'est rien en comparaison. C'était la destruction de tout l'univers, la résurrection de l'humanité, rassemblée devant Dieu pour le Jugement. Les descriptions du Paradis et de l'Enfer... "Mon Dieu !" J'ai compris que ce n'était pas une blague. Il fallait une décision sérieuse.
Je me suis dit : "Marcel, tu dois faire attention à ne pas quitter ce monde sans avoir accepté l'islam." Vous aviez donc compris que l'islam était la vérité. Votre cœur était convaincu. Oui, totalement. Quand vous avez réalisé le danger de mourir sans foi... C'est là que j'ai décidé de devenir musulman. Mais j'hésitais encore. L'image négative de l'islam rendait ça difficile. Vous aviez peur des conséquences ? J'avais surtout peur des conséquences de ne pas accepter l'islam. C'était... Je me suis dit : « Bon, quoi qu'il arrive maintenant, ça arrivera.
» Mais en même temps, je croyais aussi que si je franchissais ce pas, et c'est la vérité, et je veux commencer à adorer ce Dieu unique Comme Il veut être adoré, Il ne me laissera pas seul. Il ne me laissera pas tomber. Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas d'obstacles ou de difficultés dans la vie. Mais il ne me laissera pas tomber. Et Il ne m'a pas laissé tomber. Combien de temps entre votre découverte de l'islam et votre conviction ? Tout le processus a duré environ dix mois. Qu'est-ce qui vous a poussé à franchir le pas ? Une nuit en voiture, pendant un long trajet. Une demi-heure dans le noir, à réfléchir intensément.
Puis mon esprit s'est focalisé sur l'islam, sur la gravité de ce choix. Cette nuit-là, mon cœur a changé. Comme si je me parlais à moi-même. Pas de voix, mais une vive conversation intérieure. "Que fais-tu ? Tu ne prends pas ça au sérieux ?" Cette nuit-là, j'ai dit : "Marcel, tu ne peux pas échapper à ça." C'est la vérité. On ne joue pas avec ça. On peut se tromper dans son travail, son mariage, plein de choses dans la vie. Mais là, on parle d'éternité. Je ne pouvais pas... Je ne concevais pas l'éternité. Cette nuit de profonde réflexion a tout changé. Je suis allé voir mon ami pakistanais : "Ça suffit. Je ne veux plus résister." J'ai abandonné ma résistance.
Comment avez-vous fait votre shahada ? Qu'avez-vous ressenti ? Quelques jours plus tard, nous sommes allés à la mosquée. Il a parlé à l'imam : "Quelqu'un veut prononcer la shahada." Je l'ai fait après la prière, devant 200 personnes. Une expérience étrange, mais magnifique. J'ai prononcé la shahada, et ce à quoi je ne m'attendais pas, c'est que chaque personne est venue m'embrasser en disant : "Bienvenue en islam, frère." Une expérience vraiment magnifique. Chez Towards Eternity, votre soutien nous est essentiel. Nous sommes une organisation caritative diffusant le message de l'islam dans 10 langues à travers le monde.
Votre aide permet des conversions, l'abandon du haram, la prière, le port du hijab, l'apprentissage du Coran, etc. Et d'en recevoir les récompenses, inchaAllah. Soutenez Towards Eternity - ne ratez pas cette opportunité. Qu'avez-vous ressenti pendant la shahada ? Quelles émotions traversaient votre cœur ? Votre esprit? À ce moment-là, j’ai ressenti une sorte de chaleur dans mon cœur. Une vraie chaleur fraternelle. Surtout avec tous ces gens venus vers moi. C'était le moment de ma conversion. Puis ma première prière... L'expérience la plus belle de ma vie. La première prosternation devant Dieu. Je jure devant Dieu : je ne voulais plus me relever.
"Je n'oublierai jamais cet instant." Le bonheur qu'on cherche dans la rue avec 50$, cette poudre blanche qu'on sniffe, ce n'est qu'une réaction chimique. Après ma shahada, cette quête incessante du bonheur s'est enfin achevée. C'est la plus grande différence entre le Marcel d'avant l'islam et celui d'après. Non pas qu'il n'y ait plus d'épreuves dans la vie, mais on ressent désormais cette force intérieure qui nous dit : "Je peux y faire face." Certains chrétiens affirment : "Je trouve la spiritualité et me sens connecté à Dieu quand je prie. Je n'ai besoin de rien d'autre." Que leur répondriez-vous ?
Je ne nie pas qu'on puisse ressentir des émotions dans d'autres religions, mais deux choses : Premièrement, les émotions peuvent venir de n'importe quoi. Regardez les supporters de football pendant la Coupe du Monde. Les Espagnols qui voient leur équipe gagner - ils vivent des émotions fortes, mais ça n'a rien à voir avec Dieu. Les émotions seules ne signifient donc pas grand-chose. Deuxièmement, l'essentiel en religion c'est la vérité, peu importe ce qu'on ressent. Même si une autre religion vous rend plus heureux, la question reste : est-ce la vérité ? La vérité ne se plie pas à nos désirs. Dieu nous a donné une raison pour réfléchir.
On ne peut pas justifier une croyance qui contredit notre raison. Personne n'accepterait ça, pourtant certains disent : "Je crois ceci parce que je suis né comme ça", ou "parce que mes parents y croyaient". Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que Dieu accepte cela comme excuse. Beaucoup décrivent leur shahada comme : "Un énorme poids s'est envolé de mes épaules. Mon cœur s'est allégé." Est-ce votre cas ? Exactement. Et aujourd'hui je transmets ce message : Quand je vois quelqu'un hésiter, je lui dis : "Je comprends ce que tu ressens. La shahada te semble une montagne insurmontable maintenant, mais je te le garantis, une fois que tu l'auras prononcée, cette montagne disparaîtra.
Tu sentiras ce poids quitter tes épaules." C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles les gens hésitent. Ils voient une montagne... qui n'existe pas vraiment. Mais il faut faire ce pas. Comme si Dieu nous disait : "Fais-le simplement." Le premier pas semble difficile, mais il faut le faire. Fais un pas vers Moi, et J'en ferai dix vers toi. Personne ne te force. C'est ton choix. Mais fais-le, et tu verras. Moi-même, j'ai résisté dix mois avant ma shahada. Un vrai combat intérieur. Une lutte constante. Je savais que c'était la vérité, mais je cherchais des excuses pour ne pas l'accepter. Dix mois de guerre contre moi-même. Puis soudain, la paix.
Comme après toute guerre, on est heureux que ce soit fini, sans se sentir vaincu. Au contraire, victorieux. C'est ce que j'ai ressenti. Le bon choix. Je me demande juste : pourquoi avoir tant attendu ? Pourquoi ? Et la réaction de votre famille ? Vos amis ? Oh... Ne m'en parlez pas. J'ai commis une grosse erreur avec ma famille. Pendant ces dix mois où j'étais intérieurement convaincu, je n'ai pas osé leur en parler. Pas une seule fois en dix mois. Pas un instant. Ils ignoraient tout - mes lectures, mes discussions avec mon ami. Rien. Puis je me suis converti, et au début, je ne voulais rien leur dire. Je savais que ça allait faire des histoires, surtout qu'ils n'étaient au courant de rien.
Le problème, c'est que ma conversion a eu lieu début 1995, en janvier. Le premier vendredi de l'année je crois. Et en 1995, le Ramadan commençait fin janvier, le 26 janvier je pense. Soit environ trois semaines plus tard. Je voulais jeûner, mais j'habitais encore chez mes parents. Comment expliquer à ma mère que pendant 30 jours je ne déjeunerais pas avec eux, - Sans boire d'eau ? - Exactement. Je devais leur en parler dans les trois semaines. Sans ça, j'aurais encore attendu six mois. Pas le temps de les préparer. Aucune échappatoire possible. Quatre jours avant le Ramadan, après avoir prié, je suis descendu. Il était environ 20h. Mes parents regardaient la télé dans le salon.
Je suis resté devant la porte. "Ya Allah, facilite-moi cela." J'ai ouvert et leur ai dit : "Maman, papa, j'ai quelque chose à vous annoncer." Leur regard disait clairement : "Quoi... Quelle nouvelle ?" Je l'ai dit directement : "Je suis devenu musulman." La réaction de mon père m'a marqué. Sa première phrase : "Les musulmans sont tous des terroristes." C'était en 1995, avant même le 11 septembre. 1995. "Les musulmans sont tous des terroristes." Ses premiers mots. Ma mère est devenue hystérique. Comme si elle avait perdu la raison ce soir-là, tellement elle avait peur. Elle était terrifiée. Mon oncle, son frère, m'a raconté des années plus tard qu'elle l'avait appelé cette nuit-là.
Elle voulait parler à son frère. Il m'a dit que c'était tard, vers 22h-23h. Il a décroché et n'a entendu que ça : "Ils ont pris notre Marcel." "Ils ont pris notre Marcel." C'était tout. C'est tout ce qu'il a entendu de ma mère. "Ils ont pris notre Marcel. Ils ont pris notre Marcel." Il a demandé : "Qui a pris ? Que s'est-il passé ?" Je suis sûr qu'elle ne savait pas ce qu'elle disait. C'était une grosse erreur de ma part de ne jamais leur avoir parlé d'islam pendant ces dix mois. Et des réactions positives ? Des Allemands vous ont-ils dit : "Je ne savais pas que l'islam était ainsi" ou "Vous avez changé ma vision" ? Avez-vous eu ce genre d'échanges ? Bien sûr.
Les questions classiques : À l'école : "Tu peux te marier maintenant, hein..." "Tu t'es converti pour avoir quatre femmes ?" "Ah je comprends, quatre épouses !" Question numéro un. Numéro deux : le jihad, toujours. La guerre sainte. "Allez-vous tuer les mécréants ?" "Vous allez nous couper la langue ?" Vous voyez ces clichés ? Le musulman avec un sabre à la main. C'était le genre de questions. En étudiant la vie du Prophète (sws), qu'est-ce qui vous a le plus impressionné ? Sa miséricorde. Ce qui m'a le plus marqué chez le Prophète (sws). Quand j'ai lu comment on l'avait traité, les guerres qu'on lui avait faites, puis son retour victorieux à La Mecque...
J'ai comparé avec d'autres exemples historiques. Quand quelqu'un subit tant d'épreuves puis remporte la victoire, comment traite-t-il ses anciens ennemis ? Il entre à La Mecque, la foule l'entoure. Il demande : "Que pensez-vous que je vais faire de vous ?" Ils répondent : "Nous te connaissons. Nous n'attendons que le meilleur." Il dit simplement : "Allez en paix." C'est tout. C'est humainement difficile. Dans la vie, quand on est attaqué, on veut se défendre - c'est naturel. Mais endurer encore et encore pour préserver le message... Lui était l'exemple à suivre. Il ne pouvait céder à son ego. Nous le pouvons. Je ne suis qu'un musulman ordinaire. Lui était le Messager.
Chacun de ses actes était réfléchi. Chaque instant de sa vie comptait. Et il y parvint. Il maîtrisait son ego. Même en combattant, ce n'était pas par ego. Pas par désir de vengeance. Mais pour préserver le message. C'est ce que j'admire chez lui... Sa miséricorde. Quel jour de sa vie auriez-vous aimé vivre ? Ses derniers instants. Je me souviens d'un passage poignant de la Sira Le dernier jour, alors que les compagnons priaient à la mosquée, trop faible pour les rejoindre, il restait dans sa chambre. Il souleva le rideau, contempla ses compagnons en prière... et sourit.
Ce sourire disait : "Je peux partir en paix maintenant." Cette mission impossible commencée 23 ans plus tôt, il l'avait accomplie. Vraiment accomplie. Imaginez ce que Dieu lui avait demandé. La première révélation... Il savait qu'il devait aller vers son peuple, convaincre chaque personne individuellement : "Je suis le Messager de Dieu. Un ange me visite." "Si vous ne me suivez pas, vous irez en Enfer." Une histoire étrange ! Imaginez dire ça à votre voisin... Il penserait que vous êtes fou. C'est ce qu'on a pensé de lui. Une histoire folle. D'un certain point de vue, ça l'est.
Il a affronté tant d'obstacles, tant de jours de doute : "Où aller maintenant ?" Je pense à son voyage à Taif, et comment on l'a traité. Quand on lit sa prière après ces événements... On voit un homme avec une mission, toutes portes fermées, disant à Dieu : "Et maintenant ? Où aller ?" "Retourner à La Mecque ? Impossible. Taif m'a rejeté." "Je suis ici. Quelle direction prendre ?" Il a vécu plusieurs moments comme celui-là. Pourtant, à ses derniers instants, voyant ses compagnons prier... La mission était accomplie. Terminée. Et il a souri. Quelqu'un s'est-il converti grâce à vous ? Seulement ma femme. Je me suis converti, elle m'a suivi quelques mois après. Puis nous nous sommes mariés.
D'où mon mariage très jeune. Décrivez vos sentiments quand elle a accepté l'islam. Comment l'avez-vous vécu ? J'en avais constamment le souhait. Je me disais : "Si je veux fonder une famille, ce sera avec une femme musulmane." Je priais beaucoup pour qu'elle accepte l'islam. Je ne m'y attendais pas vraiment. Mais comme je dis, c'est une question sérieuse. Tout dépend de votre volonté à la prendre au sérieux. Nous parlons d'éternité. Je donne souvent cet exemple : Qu'est-ce qui mérite plus d'attention ? Un avenir de 80 ans, ou un avenir de 80 milliards d'années ? Ça fait réfléchir. Nous avons peut-être 80 ou 90 ans à vivre. 50 ans ? On ne sait pas. C'est très limité. Ensuite vient l'éternité.
C'est la chose la plus sérieuse de la vie. J'en ai pris conscience, et elle aussi. Comment vous l'a-t-elle annoncé ? Pouvez-vous nous le raconter ? Nous rendions visite à mon ami pakistanais (étudiant à l'époque). Soudain, je l'ai vue... On sent quand quelqu'un a une annonce importante. Elle était nerveuse, debout près de la porte. Mon ami et moi étions assis, elle restait là, et a dit : "Bon, quelle est la suite ?" Puis elle a souri et déclaré : "Je suis venue vous annoncer que je veux devenir musulmane." Mon ami et moi nous sommes regardés. J'ai dit : "Waouh !" Elle a prononcé la shahada sur-le-champ. Devant nous deux. Un des moments les plus heureux de ma vie.
Quel fut votre plus grand défi après votre conversion ? Le plus grand défi que j’ai rencontré après être devenu musulman, c’était en fait de m’habituer à une culture complètement différente. J’étais à la mosquée où j’allais faire la prière. Cette mosquée se trouvait dans une ville de 280 000 habitants. Je pense qu’il y avait trois ou quatre autres convertis allemands. Je me sentais vraiment comme un étranger à ce moment-là. Oui, parfois c’était difficile. Comment avez-vous essayé de surmonter ce sentiment, et comment y êtes-vous parvenu ? Il y avait quelque chose qui a facilité les choses.
Il y avait une chose que j’aimais vraiment dans la culture islamique, c’était l’accueil chaleureux de tous ces frères. Je suis arrivé à la mosquée, et quand ils ont appris que j’étais musulman, tout le monde a voulu m’aider. "Si tu as une question, viens t’asseoir avec moi. Et si tu veux dormir chez moi, tu es le bienvenu." Pour un Allemand, c’est quelque chose d’inhabituel. On ne dirait pas ce genre de choses. C’étaient vraiment des gens généreux. Cette culture de l’accueil a vraiment facilité les choses. Beaucoup de gens pensent qu’en devenant musulman, ils deviendront Arabes. Qu’il faut changer de nom, changer de culture complètement. Avez-vous eu ce genre d’inquiétudes ?
Et comment avez-vous surmonté cela ? En fait, j’avais aussi cette impression qu’en devenant musulman, on devenait aussi Arabe. On ne le dit pas forcément, mais on le ressent. On pense qu’il faut changer de vêtements, qu’il faut changer de nom. Et c’est même ce que beaucoup de gens disent. Encore aujourd’hui, c’est la question qu’on me pose le plus souvent. "Quel est ton nom musulman ?" Et je réponds : "C’est Marcel." "Non, non, ton nom musulman." "Bah, c’est Marcel." "Tu n’as pas changé de nom ?" C’est vraiment étrange. Et en plus de ça, ça donne aux gens une fausse image de l’Islam.
Parce qu'en fait l'Islam, quand il s'est répandu, il a accepté différentes cultures, tout en rejetant seulement ce qui contredisait la religion. Par exemple, là où il s'est implanté, certaines cultures buvaient du vin. Bien sûr, l'islam interdit le vin, mais à part cela, leurs habitudes alimentaires, vestimentaires... Tant que cela respecte les limites de l'islam, c'est accepté. Sans cette souplesse, l'islam ne se serait pas autant répandu. Impossible d'imposer une culture de désert arabe au monde entier. C'est parfois un obstacle en Occident : Cette fausse idée qu'adopter l'islam exige d'abandonner sa culture. Absolument pas. Prenez mon père. Il a 74 ans aujourd'hui.
Il n'accepterait jamais la culture arabe, mais peut-être croirait-il en un Dieu unique à adorer. C'est suffisant. Nous ne voulons pas arabiser ou turquiser les gens. Nous voulons qu'ils deviennent musulmans. Avez-vous vécu un moment extraordinaire où vous avez senti une connexion spéciale avec Allah ? Un moment vraiment exceptionnel fut ma première Omra fin 1997. L'Omra, c'est quand on visite la Kaaba... - À La Mecque. - Oui, La Mecque. Entrer dans la Maison d'Allah... Parfois, on vit des moments particuliers dans la vie. Nous croyons que Dieu veille sur toute notre existence.
Mais parfois, il y a ces instants où l’on sent qu’Il vous prend par la main pour vous guider vers une expérience unique dans votre vie. Et ce fut le cas lorsque je me suis rendu à La Mecque pour la première fois. Je ne l’oublierai jamais. Avez-vous pleuré en voyant la Kaaba ? Quelle a été votre émotion ? Mon premier pèlerinage à La Mecque… c’est indescriptible. J’ai pleuré sans arrêt. C’était… Parfois, j’essayais de me calmer, de prier, ou de faire quelque chose, mais… Je n’y arrivais pas. Tout du long. Lors de ce premier voyage à La Mecque, j’ai accompli la Omra cinq fois, sans m’arrêter. Je ne pouvais pas m’en lasser. Je prenais un taxi et j’y allais seul, c’était ma première fois.
Je n’avais qu’un petit livre avec moi, pour vérifier les rites à accomplir. Mais je me suis surtout imprégné de l’instant présent. Inoubliable. Et surtout, la manière dont je suis arrivé à La Mecque… Tout ce voyage était si beau. Quand j’y repense aujourd’hui… Il y a des moments dans la vie où l’on a l’impression de voler. Et c’est là que j’ai compris une chose. J’ai saisi pourquoi les cinq prières quotidiennes sont prescrites en Islam. On se demande parfois : "Pourquoi Dieu aurait-Il besoin de nos prières ?" Non, Il n’en a pas besoin. Mais si vous ne priez pas, votre âme mourra de faim. Votre âme est là. Et tout comme votre corps, elle a besoin de nourriture pour survivre.
Mais pas d’eau, de jus d’orange ou de viande… Elle a besoin d’autre chose. Elle a besoin de ce lien avec Dieu. Les cinq prières quotidiennes, c’est la nourriture de l’âme. Sans elles, elle dépérit. C’est ce que j’ai ressenti à ce moment-là, surtout à La Mecque. Comme si l’on sentait la présence des anges. C’est ce que j’ai vécu là-bas. Et qu’avez-vous ressenti en marchant sur la terre où a vécu le Prophète Mohammed (saw) ? Eh bien… C’est comme si l’on voyait le Prophète (saw) partout autour de soi. Les collines de Safa et Marwa, que l’on parcourt pendant le pèlerinage, vous rappellent l’époque où le Prophète (saw) y marchait, enseignant l’Islam et la réaction des gens.
On revit l’histoire de l’Islam. Quel est le plus grand changement que l’Islam a apporté à votre vie ? Quelle est la différence entre le Marcel d’avant l’Islam et celui d’après ? C’est très simple. C'est cette paix intérieure et cette douceur au cœur quand on comprend notre raison d'être. C'est le plus grand changement possible. Enfin, si vous pouviez parler à tous les non-musulmans du monde, que leur diriez-vous en quelques instants ? Un message pour tous les non-musulmans ? Je citerais un verset du Coran : "Pensiez-vous que Nous vous avions créés sans but, et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous ?" Si vous regardez en vous-même, vous saurez qu'il n'y a qu'un seul Dieu.
Il n'aurait pas créé cet univers sans raison. Il y a forcément un sens. Allez le découvrir. Quel est le but de cet univers ? Frère Marcel Krass, merci pour vos réponses sincères. Qu'Allah vous préserve et vous protège jusqu'à votre dernier souffle dans l'islam. Ameen, pour nous tous, Oui. Ameen. Je vous remercie pour cet excellent entretien, et j'espère vous revoir à l'avenir. Incha'Allah. - Assalamu alaykum. - Wa alaykum assalam.
Ce fut l'expérience la plus belle de toute ma vie. Assalamou alaykoum, frère Marcel Krass. Merci d'avoir accepté notre invitation. Nous sommes ravis de vous accueillir chez Towards Eternity. Commençons par : qui est Marcel Krass ? Pouvez-vous nous raconter brièvement votre vie ? Tout d'abord, merci pour l'invitation. Je suis heureux d'être ici. Je viens d'Allemagne, j'ai 48 ans. J'ai été élevé dans le christianisme. Je me suis converti à l'islam à 18 ans. Je me suis marié peu après. Aujourd'hui, j'ai trois garçons. J'ai étudié l'ingénierie électrique, et depuis 2007 environ, je suis engagé dans la prédication de l'islam en Allemagne. Comment était votre vie spirituelle avant l'islam ?
En quoi croyez-vous auparavant ? J'ai été élevé en tant que chrétien. J'allais à l'église tous les dimanches jusqu'à l'âge de huit ans. Mon père ne croit en rien, en réalité. Ma mère était catholique et y croyait. Ils n'allaient pas à l'église régulièrement plus tard, enfin... pas de manière stricte. Je croyais en un seul Dieu et aux récits des prophètes. Pour moi, ce n'étaient pas que des contes. Mais je ne comprenais pas le concept de la Trinité. Un seul Dieu, le Fils de Dieu et le Saint-Esprit ? Je n'ai jamais cru à ça. Je priais souvent. Comme on dit en islam, je faisais des dou'as. Je L'invoquais dans les difficultés, à l'école, dans ma vie privée.
Même ado, quand je voulais une petite amie, je Le priais. Ça semble étrange maintenant, mais... Qu'est-ce qui vous a poussé à questionner vos croyances ? D'abord, la Trinité, que je ne comprenais pas. Je me disais : "C'est forcément faux." Tout d’abord, parce que c’était trop compliqué. Un seul Dieu, c'est tout. Rien de plus. J'en étais convaincu depuis l'enfance. De plus, il n’existait pas de concept clair de la vie après la mort. Ça m'intéressait beaucoup. Je cherchais des réponses autour de moi. "Que se passe-t-il après la mort ?" J'étais très curieux. Mais le christianisme n'avait pas de réponse précise.
En tant que chrétien, je croyais que Jésus était mort pour mes péchés et que tout irait bien après. "D'accord, mais qu'arrive-t-il après la mort ? Disons que je meurs maintenant et qu'on m'enterre. Et ensuite ? Expliquez-moi ça." Je me disais qu'une religion doit avoir une réponse à cette question. C'est fondamental, c'est La question essentielle. Quel est le sens de la vie ? Où allons-nous ? Pourquoi sommes-nous ici ? Je n'ai pas trouvé de réponse satisfaisante dans le christianisme. Je me suis dit qu'il manquait quelque chose. Comment avez-vous découvert l'islam ? Aviez-vous des préjugés ? J'avais énormément de préjugés sur l'islam. Vous aviez des amis musulmans ?
Aucun, jusqu'à l'âge de 16-17 ans environ. j'ai eu un ami pakistanais à l'école. C'est lui qui m'a fait découvrir l'islam. Tout ce que je savais sur l'islam se limitait à : 1) Les musulmans ne mangent pas de porc 2) Si tu t'en prends à l'un d'eux, tu auras affaire à ses 40 cousins ! C'était tout mon savoir sur l'islam. Et bien sûr, j'ai malheureusement récupéré quelques bribes dans les médias. Et ce que l’on entend à propos de l’islam dans les médias, c’est toujours la même histoire. On n'entend absolument rien sur l'Islam, l'Islam lui-même, mais quelque chose à propos des pays islamiques.
Et quand on entend parler d'eux, c'est généralement à propos de la guerre, à propos d’une attaque terroriste ou quelque chose comme ça. Je voyais l'islam comme une religion agressive, archaïque et dangereuse. Oui, c'était l'image que j'avais de l'islam avant ma conversion. Comment a commencé votre chemin vers l'islam ? Qu'est-ce qui vous a le plus marqué dans l'islam ? J'ai rencontré cet ami pakistanais à l'école. Il a commencé à me parler d'islam. Au début, il ne mentionnait même pas l'islam. Il parlait d'un Dieu unique - et moi qui croyais en un seul Dieu.
Il disait : "Tu es sûr qu'il n'y a qu'un seul Dieu, pas de Trinité ni rien d'autre." Bien sûr je lui ai dit : "Oui, je crois en cela." Puis il m'a demandé : "Que penses-tu de l'islam ?" C'était sa question. J'ai répondu : "Pourquoi l'islam ?" Quand il a commencé à en parler, j'ai vite compris que c'était exactement ce en quoi je croyais. Il m'a décrit ce Dieu unique, le Tout-Puissant, l'Omnipotent. Ses propos sur l'islam m'ont frappé : "C'est exactement ce que je crois !" Mais il y avait un problème. C'était l'islam, cette religion que je voyais comme agressive et dangereuse. Ça ne pouvait pas être la vérité. Et même...
Je suppliais : "Mon Dieu, ne laissez pas ça être la vérité." "Tout sauf l'islam. Choisissez autre chose, mais pas l'islam. Pourquoi cela doit-il être la vérité ?" Ouais, parce que j'ai dit non. "Comment suivre cette religion ? L'image de l'islam en Occident... Si j'en parle à mes parents, mes amis... Si je dis à quelqu'un que je suis musulman..." Impossible. C'est pourquoi j'ai été facilement convaincu par l'Islam, mais j'ai hésité à cause de la mauvaise image de l'Islam. En partie à cause des médias, et aussi du comportement de certains musulmans. Avez-vous trouvé des réponses sur l'au-delà ? J'ai interrogé mon ami. Une religion doit avoir des réponses claires.
Il a dit : "Nous avons ces réponses. Je peux tout t'expliquer : depuis la tombe jusqu'au Paradis ou l'Enfer." "Mon Dieu ! Laisse-moi lire ça." Il m'a donné un livre sur le voyage dans l'au-delà. En le lisant, mon cœur battait fort. Je ne pouvais plus m'arrêter. Je lisais sans fin, c'était inimaginable. Vous connaissez ces films hollywoodiens avec des astéroïdes percutant la Terre ? Ce n'est rien en comparaison. C'était la destruction de tout l'univers, la résurrection de l'humanité, rassemblée devant Dieu pour le Jugement. Les descriptions du Paradis et de l'Enfer... "Mon Dieu !" J'ai compris que ce n'était pas une blague. Il fallait une décision sérieuse.
Je me suis dit : "Marcel, tu dois faire attention à ne pas quitter ce monde sans avoir accepté l'islam." Vous aviez donc compris que l'islam était la vérité. Votre cœur était convaincu. Oui, totalement. Quand vous avez réalisé le danger de mourir sans foi... C'est là que j'ai décidé de devenir musulman. Mais j'hésitais encore. L'image négative de l'islam rendait ça difficile. Vous aviez peur des conséquences ? J'avais surtout peur des conséquences de ne pas accepter l'islam. C'était... Je me suis dit : « Bon, quoi qu'il arrive maintenant, ça arrivera.
» Mais en même temps, je croyais aussi que si je franchissais ce pas, et c'est la vérité, et je veux commencer à adorer ce Dieu unique Comme Il veut être adoré, Il ne me laissera pas seul. Il ne me laissera pas tomber. Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas d'obstacles ou de difficultés dans la vie. Mais il ne me laissera pas tomber. Et Il ne m'a pas laissé tomber. Combien de temps entre votre découverte de l'islam et votre conviction ? Tout le processus a duré environ dix mois. Qu'est-ce qui vous a poussé à franchir le pas ? Une nuit en voiture, pendant un long trajet. Une demi-heure dans le noir, à réfléchir intensément.
Puis mon esprit s'est focalisé sur l'islam, sur la gravité de ce choix. Cette nuit-là, mon cœur a changé. Comme si je me parlais à moi-même. Pas de voix, mais une vive conversation intérieure. "Que fais-tu ? Tu ne prends pas ça au sérieux ?" Cette nuit-là, j'ai dit : "Marcel, tu ne peux pas échapper à ça." C'est la vérité. On ne joue pas avec ça. On peut se tromper dans son travail, son mariage, plein de choses dans la vie. Mais là, on parle d'éternité. Je ne pouvais pas... Je ne concevais pas l'éternité. Cette nuit de profonde réflexion a tout changé. Je suis allé voir mon ami pakistanais : "Ça suffit. Je ne veux plus résister." J'ai abandonné ma résistance.
Comment avez-vous fait votre shahada ? Qu'avez-vous ressenti ? Quelques jours plus tard, nous sommes allés à la mosquée. Il a parlé à l'imam : "Quelqu'un veut prononcer la shahada." Je l'ai fait après la prière, devant 200 personnes. Une expérience étrange, mais magnifique. J'ai prononcé la shahada, et ce à quoi je ne m'attendais pas, c'est que chaque personne est venue m'embrasser en disant : "Bienvenue en islam, frère." Une expérience vraiment magnifique. Chez Towards Eternity, votre soutien nous est essentiel. Nous sommes une organisation caritative diffusant le message de l'islam dans 10 langues à travers le monde.
Votre aide permet des conversions, l'abandon du haram, la prière, le port du hijab, l'apprentissage du Coran, etc. Et d'en recevoir les récompenses, inchaAllah. Soutenez Towards Eternity - ne ratez pas cette opportunité. Qu'avez-vous ressenti pendant la shahada ? Quelles émotions traversaient votre cœur ? Votre esprit? À ce moment-là, j’ai ressenti une sorte de chaleur dans mon cœur. Une vraie chaleur fraternelle. Surtout avec tous ces gens venus vers moi. C'était le moment de ma conversion. Puis ma première prière... L'expérience la plus belle de ma vie. La première prosternation devant Dieu. Je jure devant Dieu : je ne voulais plus me relever.
"Je n'oublierai jamais cet instant." Le bonheur qu'on cherche dans la rue avec 50$, cette poudre blanche qu'on sniffe, ce n'est qu'une réaction chimique. Après ma shahada, cette quête incessante du bonheur s'est enfin achevée. C'est la plus grande différence entre le Marcel d'avant l'islam et celui d'après. Non pas qu'il n'y ait plus d'épreuves dans la vie, mais on ressent désormais cette force intérieure qui nous dit : "Je peux y faire face." Certains chrétiens affirment : "Je trouve la spiritualité et me sens connecté à Dieu quand je prie. Je n'ai besoin de rien d'autre." Que leur répondriez-vous ?
Je ne nie pas qu'on puisse ressentir des émotions dans d'autres religions, mais deux choses : Premièrement, les émotions peuvent venir de n'importe quoi. Regardez les supporters de football pendant la Coupe du Monde. Les Espagnols qui voient leur équipe gagner - ils vivent des émotions fortes, mais ça n'a rien à voir avec Dieu. Les émotions seules ne signifient donc pas grand-chose. Deuxièmement, l'essentiel en religion c'est la vérité, peu importe ce qu'on ressent. Même si une autre religion vous rend plus heureux, la question reste : est-ce la vérité ? La vérité ne se plie pas à nos désirs. Dieu nous a donné une raison pour réfléchir.
On ne peut pas justifier une croyance qui contredit notre raison. Personne n'accepterait ça, pourtant certains disent : "Je crois ceci parce que je suis né comme ça", ou "parce que mes parents y croyaient". Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que Dieu accepte cela comme excuse. Beaucoup décrivent leur shahada comme : "Un énorme poids s'est envolé de mes épaules. Mon cœur s'est allégé." Est-ce votre cas ? Exactement. Et aujourd'hui je transmets ce message : Quand je vois quelqu'un hésiter, je lui dis : "Je comprends ce que tu ressens. La shahada te semble une montagne insurmontable maintenant, mais je te le garantis, une fois que tu l'auras prononcée, cette montagne disparaîtra.
Tu sentiras ce poids quitter tes épaules." C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles les gens hésitent. Ils voient une montagne... qui n'existe pas vraiment. Mais il faut faire ce pas. Comme si Dieu nous disait : "Fais-le simplement." Le premier pas semble difficile, mais il faut le faire. Fais un pas vers Moi, et J'en ferai dix vers toi. Personne ne te force. C'est ton choix. Mais fais-le, et tu verras. Moi-même, j'ai résisté dix mois avant ma shahada. Un vrai combat intérieur. Une lutte constante. Je savais que c'était la vérité, mais je cherchais des excuses pour ne pas l'accepter. Dix mois de guerre contre moi-même. Puis soudain, la paix.
Comme après toute guerre, on est heureux que ce soit fini, sans se sentir vaincu. Au contraire, victorieux. C'est ce que j'ai ressenti. Le bon choix. Je me demande juste : pourquoi avoir tant attendu ? Pourquoi ? Et la réaction de votre famille ? Vos amis ? Oh... Ne m'en parlez pas. J'ai commis une grosse erreur avec ma famille. Pendant ces dix mois où j'étais intérieurement convaincu, je n'ai pas osé leur en parler. Pas une seule fois en dix mois. Pas un instant. Ils ignoraient tout - mes lectures, mes discussions avec mon ami. Rien. Puis je me suis converti, et au début, je ne voulais rien leur dire. Je savais que ça allait faire des histoires, surtout qu'ils n'étaient au courant de rien.
Le problème, c'est que ma conversion a eu lieu début 1995, en janvier. Le premier vendredi de l'année je crois. Et en 1995, le Ramadan commençait fin janvier, le 26 janvier je pense. Soit environ trois semaines plus tard. Je voulais jeûner, mais j'habitais encore chez mes parents. Comment expliquer à ma mère que pendant 30 jours je ne déjeunerais pas avec eux, - Sans boire d'eau ? - Exactement. Je devais leur en parler dans les trois semaines. Sans ça, j'aurais encore attendu six mois. Pas le temps de les préparer. Aucune échappatoire possible. Quatre jours avant le Ramadan, après avoir prié, je suis descendu. Il était environ 20h. Mes parents regardaient la télé dans le salon.
Je suis resté devant la porte. "Ya Allah, facilite-moi cela." J'ai ouvert et leur ai dit : "Maman, papa, j'ai quelque chose à vous annoncer." Leur regard disait clairement : "Quoi... Quelle nouvelle ?" Je l'ai dit directement : "Je suis devenu musulman." La réaction de mon père m'a marqué. Sa première phrase : "Les musulmans sont tous des terroristes." C'était en 1995, avant même le 11 septembre. 1995. "Les musulmans sont tous des terroristes." Ses premiers mots. Ma mère est devenue hystérique. Comme si elle avait perdu la raison ce soir-là, tellement elle avait peur. Elle était terrifiée. Mon oncle, son frère, m'a raconté des années plus tard qu'elle l'avait appelé cette nuit-là.
Elle voulait parler à son frère. Il m'a dit que c'était tard, vers 22h-23h. Il a décroché et n'a entendu que ça : "Ils ont pris notre Marcel." "Ils ont pris notre Marcel." C'était tout. C'est tout ce qu'il a entendu de ma mère. "Ils ont pris notre Marcel. Ils ont pris notre Marcel." Il a demandé : "Qui a pris ? Que s'est-il passé ?" Je suis sûr qu'elle ne savait pas ce qu'elle disait. C'était une grosse erreur de ma part de ne jamais leur avoir parlé d'islam pendant ces dix mois. Et des réactions positives ? Des Allemands vous ont-ils dit : "Je ne savais pas que l'islam était ainsi" ou "Vous avez changé ma vision" ? Avez-vous eu ce genre d'échanges ? Bien sûr.
Les questions classiques : À l'école : "Tu peux te marier maintenant, hein..." "Tu t'es converti pour avoir quatre femmes ?" "Ah je comprends, quatre épouses !" Question numéro un. Numéro deux : le jihad, toujours. La guerre sainte. "Allez-vous tuer les mécréants ?" "Vous allez nous couper la langue ?" Vous voyez ces clichés ? Le musulman avec un sabre à la main. C'était le genre de questions. En étudiant la vie du Prophète (sws), qu'est-ce qui vous a le plus impressionné ? Sa miséricorde. Ce qui m'a le plus marqué chez le Prophète (sws). Quand j'ai lu comment on l'avait traité, les guerres qu'on lui avait faites, puis son retour victorieux à La Mecque...
J'ai comparé avec d'autres exemples historiques. Quand quelqu'un subit tant d'épreuves puis remporte la victoire, comment traite-t-il ses anciens ennemis ? Il entre à La Mecque, la foule l'entoure. Il demande : "Que pensez-vous que je vais faire de vous ?" Ils répondent : "Nous te connaissons. Nous n'attendons que le meilleur." Il dit simplement : "Allez en paix." C'est tout. C'est humainement difficile. Dans la vie, quand on est attaqué, on veut se défendre - c'est naturel. Mais endurer encore et encore pour préserver le message... Lui était l'exemple à suivre. Il ne pouvait céder à son ego. Nous le pouvons. Je ne suis qu'un musulman ordinaire. Lui était le Messager.
Chacun de ses actes était réfléchi. Chaque instant de sa vie comptait. Et il y parvint. Il maîtrisait son ego. Même en combattant, ce n'était pas par ego. Pas par désir de vengeance. Mais pour préserver le message. C'est ce que j'admire chez lui... Sa miséricorde. Quel jour de sa vie auriez-vous aimé vivre ? Ses derniers instants. Je me souviens d'un passage poignant de la Sira Le dernier jour, alors que les compagnons priaient à la mosquée, trop faible pour les rejoindre, il restait dans sa chambre. Il souleva le rideau, contempla ses compagnons en prière... et sourit.
Ce sourire disait : "Je peux partir en paix maintenant." Cette mission impossible commencée 23 ans plus tôt, il l'avait accomplie. Vraiment accomplie. Imaginez ce que Dieu lui avait demandé. La première révélation... Il savait qu'il devait aller vers son peuple, convaincre chaque personne individuellement : "Je suis le Messager de Dieu. Un ange me visite." "Si vous ne me suivez pas, vous irez en Enfer." Une histoire étrange ! Imaginez dire ça à votre voisin... Il penserait que vous êtes fou. C'est ce qu'on a pensé de lui. Une histoire folle. D'un certain point de vue, ça l'est.
Il a affronté tant d'obstacles, tant de jours de doute : "Où aller maintenant ?" Je pense à son voyage à Taif, et comment on l'a traité. Quand on lit sa prière après ces événements... On voit un homme avec une mission, toutes portes fermées, disant à Dieu : "Et maintenant ? Où aller ?" "Retourner à La Mecque ? Impossible. Taif m'a rejeté." "Je suis ici. Quelle direction prendre ?" Il a vécu plusieurs moments comme celui-là. Pourtant, à ses derniers instants, voyant ses compagnons prier... La mission était accomplie. Terminée. Et il a souri. Quelqu'un s'est-il converti grâce à vous ? Seulement ma femme. Je me suis converti, elle m'a suivi quelques mois après. Puis nous nous sommes mariés.
D'où mon mariage très jeune. Décrivez vos sentiments quand elle a accepté l'islam. Comment l'avez-vous vécu ? J'en avais constamment le souhait. Je me disais : "Si je veux fonder une famille, ce sera avec une femme musulmane." Je priais beaucoup pour qu'elle accepte l'islam. Je ne m'y attendais pas vraiment. Mais comme je dis, c'est une question sérieuse. Tout dépend de votre volonté à la prendre au sérieux. Nous parlons d'éternité. Je donne souvent cet exemple : Qu'est-ce qui mérite plus d'attention ? Un avenir de 80 ans, ou un avenir de 80 milliards d'années ? Ça fait réfléchir. Nous avons peut-être 80 ou 90 ans à vivre. 50 ans ? On ne sait pas. C'est très limité. Ensuite vient l'éternité.
C'est la chose la plus sérieuse de la vie. J'en ai pris conscience, et elle aussi. Comment vous l'a-t-elle annoncé ? Pouvez-vous nous le raconter ? Nous rendions visite à mon ami pakistanais (étudiant à l'époque). Soudain, je l'ai vue... On sent quand quelqu'un a une annonce importante. Elle était nerveuse, debout près de la porte. Mon ami et moi étions assis, elle restait là, et a dit : "Bon, quelle est la suite ?" Puis elle a souri et déclaré : "Je suis venue vous annoncer que je veux devenir musulmane." Mon ami et moi nous sommes regardés. J'ai dit : "Waouh !" Elle a prononcé la shahada sur-le-champ. Devant nous deux. Un des moments les plus heureux de ma vie.
Quel fut votre plus grand défi après votre conversion ? Le plus grand défi que j’ai rencontré après être devenu musulman, c’était en fait de m’habituer à une culture complètement différente. J’étais à la mosquée où j’allais faire la prière. Cette mosquée se trouvait dans une ville de 280 000 habitants. Je pense qu’il y avait trois ou quatre autres convertis allemands. Je me sentais vraiment comme un étranger à ce moment-là. Oui, parfois c’était difficile. Comment avez-vous essayé de surmonter ce sentiment, et comment y êtes-vous parvenu ? Il y avait quelque chose qui a facilité les choses.
Il y avait une chose que j’aimais vraiment dans la culture islamique, c’était l’accueil chaleureux de tous ces frères. Je suis arrivé à la mosquée, et quand ils ont appris que j’étais musulman, tout le monde a voulu m’aider. "Si tu as une question, viens t’asseoir avec moi. Et si tu veux dormir chez moi, tu es le bienvenu." Pour un Allemand, c’est quelque chose d’inhabituel. On ne dirait pas ce genre de choses. C’étaient vraiment des gens généreux. Cette culture de l’accueil a vraiment facilité les choses. Beaucoup de gens pensent qu’en devenant musulman, ils deviendront Arabes. Qu’il faut changer de nom, changer de culture complètement. Avez-vous eu ce genre d’inquiétudes ?
Et comment avez-vous surmonté cela ? En fait, j’avais aussi cette impression qu’en devenant musulman, on devenait aussi Arabe. On ne le dit pas forcément, mais on le ressent. On pense qu’il faut changer de vêtements, qu’il faut changer de nom. Et c’est même ce que beaucoup de gens disent. Encore aujourd’hui, c’est la question qu’on me pose le plus souvent. "Quel est ton nom musulman ?" Et je réponds : "C’est Marcel." "Non, non, ton nom musulman." "Bah, c’est Marcel." "Tu n’as pas changé de nom ?" C’est vraiment étrange. Et en plus de ça, ça donne aux gens une fausse image de l’Islam.
Parce qu'en fait l'Islam, quand il s'est répandu, il a accepté différentes cultures, tout en rejetant seulement ce qui contredisait la religion. Par exemple, là où il s'est implanté, certaines cultures buvaient du vin. Bien sûr, l'islam interdit le vin, mais à part cela, leurs habitudes alimentaires, vestimentaires... Tant que cela respecte les limites de l'islam, c'est accepté. Sans cette souplesse, l'islam ne se serait pas autant répandu. Impossible d'imposer une culture de désert arabe au monde entier. C'est parfois un obstacle en Occident : Cette fausse idée qu'adopter l'islam exige d'abandonner sa culture. Absolument pas. Prenez mon père. Il a 74 ans aujourd'hui.
Il n'accepterait jamais la culture arabe, mais peut-être croirait-il en un Dieu unique à adorer. C'est suffisant. Nous ne voulons pas arabiser ou turquiser les gens. Nous voulons qu'ils deviennent musulmans. Avez-vous vécu un moment extraordinaire où vous avez senti une connexion spéciale avec Allah ? Un moment vraiment exceptionnel fut ma première Omra fin 1997. L'Omra, c'est quand on visite la Kaaba... - À La Mecque. - Oui, La Mecque. Entrer dans la Maison d'Allah... Parfois, on vit des moments particuliers dans la vie. Nous croyons que Dieu veille sur toute notre existence.
Mais parfois, il y a ces instants où l’on sent qu’Il vous prend par la main pour vous guider vers une expérience unique dans votre vie. Et ce fut le cas lorsque je me suis rendu à La Mecque pour la première fois. Je ne l’oublierai jamais. Avez-vous pleuré en voyant la Kaaba ? Quelle a été votre émotion ? Mon premier pèlerinage à La Mecque… c’est indescriptible. J’ai pleuré sans arrêt. C’était… Parfois, j’essayais de me calmer, de prier, ou de faire quelque chose, mais… Je n’y arrivais pas. Tout du long. Lors de ce premier voyage à La Mecque, j’ai accompli la Omra cinq fois, sans m’arrêter. Je ne pouvais pas m’en lasser. Je prenais un taxi et j’y allais seul, c’était ma première fois.
Je n’avais qu’un petit livre avec moi, pour vérifier les rites à accomplir. Mais je me suis surtout imprégné de l’instant présent. Inoubliable. Et surtout, la manière dont je suis arrivé à La Mecque… Tout ce voyage était si beau. Quand j’y repense aujourd’hui… Il y a des moments dans la vie où l’on a l’impression de voler. Et c’est là que j’ai compris une chose. J’ai saisi pourquoi les cinq prières quotidiennes sont prescrites en Islam. On se demande parfois : "Pourquoi Dieu aurait-Il besoin de nos prières ?" Non, Il n’en a pas besoin. Mais si vous ne priez pas, votre âme mourra de faim. Votre âme est là. Et tout comme votre corps, elle a besoin de nourriture pour survivre.
Mais pas d’eau, de jus d’orange ou de viande… Elle a besoin d’autre chose. Elle a besoin de ce lien avec Dieu. Les cinq prières quotidiennes, c’est la nourriture de l’âme. Sans elles, elle dépérit. C’est ce que j’ai ressenti à ce moment-là, surtout à La Mecque. Comme si l’on sentait la présence des anges. C’est ce que j’ai vécu là-bas. Et qu’avez-vous ressenti en marchant sur la terre où a vécu le Prophète Mohammed (saw) ? Eh bien… C’est comme si l’on voyait le Prophète (saw) partout autour de soi. Les collines de Safa et Marwa, que l’on parcourt pendant le pèlerinage, vous rappellent l’époque où le Prophète (saw) y marchait, enseignant l’Islam et la réaction des gens.
On revit l’histoire de l’Islam. Quel est le plus grand changement que l’Islam a apporté à votre vie ? Quelle est la différence entre le Marcel d’avant l’Islam et celui d’après ? C’est très simple. C'est cette paix intérieure et cette douceur au cœur quand on comprend notre raison d'être. C'est le plus grand changement possible. Enfin, si vous pouviez parler à tous les non-musulmans du monde, que leur diriez-vous en quelques instants ? Un message pour tous les non-musulmans ? Je citerais un verset du Coran : "Pensiez-vous que Nous vous avions créés sans but, et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous ?" Si vous regardez en vous-même, vous saurez qu'il n'y a qu'un seul Dieu.
Il n'aurait pas créé cet univers sans raison. Il y a forcément un sens. Allez le découvrir. Quel est le but de cet univers ? Frère Marcel Krass, merci pour vos réponses sincères. Qu'Allah vous préserve et vous protège jusqu'à votre dernier souffle dans l'islam. Ameen, pour nous tous, Oui. Ameen. Je vous remercie pour cet excellent entretien, et j'espère vous revoir à l'avenir. Incha'Allah. - Assalamu alaykum. - Wa alaykum assalam.