Bataille de Badr : Les Dernières Paroles d’Abu Jahl | Visualisé par IA | Ô Messager | Ép. 6
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Nous sommes en l'an 624. C'est le mois de Ramadan. Le jour qui va changer le cours de l'histoire. À Badr, deux armées se font face. D'un côté, l'armée qurayshite, forte de 950 hommes et entièrement équipée, et de l'autre, l'armée musulmane, seulement 313 hommes avec des moyens très limités. Ahadun Ahad (Unique [Dieu], Unique [Dieu]) ! La justice face à l'oppression, la foi qui se lève contre l'impiété. La toute première bataille qui révélera le véritable esprit de l'Islam. La bataille de Badr. Ce jour décisif était arrivé. Le jour qui allait façonner l'avenir de l'Islam. Soit l'Islam commencerait son essor par une grande victoire, soit tout s'arrêterait là, sur ce champ de bataille.
C'est pourquoi le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) implorait Allah, Le priant avec ces mots : « Ô Allah, si Tu anéantis ce petit groupe de croyants, il ne restera plus personne sur Terre pour T'adorer. » Alors, que se passerait-il sur ce champ de bataille ? Et même avant cela, comment en est-on arrivé là ? Revenons un peu en arrière. Cette série de vidéos est basée sur des centaines de références provenant de sources islamiques fiables. Toutes les images générées par IA ont été préparées en consultation avec des érudits musulmans qualifiés et conformément aux directives islamiques.
Tout en établissant le nouvel État à Médine, le Messager d'Allah (que la paix soit sur lui) avait également mis en place un système de renseignement. Il voulait connaître à l'avance toute menace potentielle contre la ville et recueillir des informations sur les environs. Au cours de la deuxième année après l'Hégire (la migration), un rapport parvint par ce réseau. Les Qurayshites avaient envoyé une immense caravane commerciale menée par Abu Sufyan. Bien sûr, cette caravane n'était pas composée uniquement de leurs propres marchandises. Souvenez-vous de l'époque de l'Hégire (la migration). Les musulmans avaient dû migrer dans des conditions très difficiles.
Ils avaient dû laisser derrière eux tous leurs biens en quittant la Mecque. Ensuite, ces biens furent saisis par les Qurayshites et ajoutés à cette caravane pour être vendus. Les biens durement gagnés par les croyants étaient sur le point de devenir des armes entre les mains de leurs ennemis. Même pendant l'Hégire (la migration), le Messager de Miséricorde et de Justice (que la paix soit sur lui) pensa aux biens des idolâtres et chargea Ali (qu'Allah l'agrée) de les rendre à leurs propriétaires. Mais les Qurayshites ne firent preuve d'aucune moralité semblable et saisirent les biens des Mouhajiroun (les émigrés).
Le moment était venu de montrer aux Moushrikoun (polythéistes), qui avaient chassé les musulmans de leurs foyers et les avaient traités avec toutes sortes de cruautés, qui détenait vraiment la force. Ils devaient comprendre qu'ils ne pouvaient plus faire ce qu'ils voulaient, et il fallait leur montrer quelque chose qui leur inspirerait de la crainte. Ils n'allaient pas s'arrêter tant qu'ils ne verraient pas une véritable force physique se dresser contre eux. Ainsi, le Messager d'Allah (que la paix soit sur lui) envoya un éclaireur pour suivre la caravane. Puis il dit à ses compagnons : « Que celui qui a une monture, la monte et vienne avec nous.
» Rasoulullah (Le Messager d'Allah, que la paix soit sur lui) commença à se préparer en vue d'une éventuelle rencontre avec les Qurayshites. Les compagnons étaient très désireux de participer à cette expédition. À tel point qu'il y avait même des pères et des fils qui tirèrent au sort pour décider qui partirait. Chacun d'eux aspirait à l'honneur du martyre. Bientôt, une armée de compagnons fut rassemblée, forte de plus de 300 hommes. Il y avait aussi parmi eux de très jeunes gens. Mais le Prophète (que la paix soit sur lui) ne permit pas à ceux qui étaient trop jeunes de rejoindre l'armée et les renvoya. Oumayr ibn Abi Waqqas, qui n'avait que 16 ans, était également là.
Malgré son jeune âge, il voulait vraiment participer à cette expédition. Il essaya de se cacher, espérant que le Messager d'Allah ﷺ ne le verrait pas et ne le renverrait pas. Mais quand Rasoulullah (le Messager d'Allah) le remarqua, il dit : « Toi aussi, tu dois rentrer. » Oumayr était petit et, jusqu'alors, il n'avait jamais ceint une épée à sa taille. Son corps était menu, mais son cœur était grand et plein de courage. Même si Rasoulullah (le Messager d'Allah) voulait d'abord le renvoyer, il ne put ignorer la détermination de ce jeune guerrier. Il permit donc à Oumayr de rejoindre l'armée. La permission donnée, Sa'd ibn Abi Waqqas ceignit l'épée de son frère autour de sa taille.
Quand Oumayr marchait, son épée traînait sur le sol, laissant une trace derrière lui. Et ce jeune homme deviendrait plus tard l'un des martyrs de Badr. À cette époque, la fille bien-aimée du Messager d'Allah ﷺ, Ruqayyah, était gravement malade. Pourtant, malgré son état, le Prophète ﷺ ne renonça pas à se lancer dans cette expédition. Mais il laissa son gendre, Outhman ibn Affan, à Médine pour prendre soin d'elle. Lorsque les préparatifs furent terminés, une armée de 313 hommes fut constituée. Sous un soleil de plomb, Rasoulullah (Le Messager d'Allah ﷺ) se mit en route pour Badr avec ses compagnons.
Comme il y avait plusieurs puits d'eau à cet endroit, les caravanes passaient souvent par cette région. L'armée avait très peu de montures. Seulement deux chevaux et 70 chameaux. Le Prophète (que la paix soit sur lui), Ali et Marthad ibn Abi Marthad partageaient un même chameau, montant à tour de rôle. Quand c'était au tour du Prophète de marcher, les deux autres disaient : « Ô Messager d'Allah ﷺ, monte, et nous marcherons à ta place. » Mais le Prophète (que la paix soit sur lui) refusa et dit : « Vous n'êtes pas plus forts que moi pour marcher, et j'ai besoin des bonnes œuvres et de la récompense d'Allah tout autant que vous. » Et ils poursuivirent ainsi leur chemin.
À un moment donné du voyage, Rasoulullah (que la paix soit sur lui) regarda son armée. Certains marchaient pieds nus, sans rien pour se protéger les pieds en vue de la bataille Il pria : « Ô Allah, ces soldats n'ont pas d'animaux pour les porter, alors Toi, porte-les. Ô Allah, ils n'ont rien à se mettre, et ils ont faim, alors Toi, habille-les et nourris-les. » Ils vivaient dans la pauvreté, mais ils savaient que la vraie force venait de la foi. Et cette foi, sous sa forme la plus belle, était présente dans cette armée. Avant même d'atteindre les plaines de Badr, Abu Sufyan apprit que les musulmans s'y rendaient en tant qu'armée. « Les musulmans arrivent !
» Dès son départ, il craignait que les musulmans ne les interceptent. Et maintenant, ce qu'il redoutait se réalisait. Il envoya immédiatement un de ses hommes aux Qurayshites pour annoncer la nouvelle et changea d'itinéraire. Il allait ramener la caravane à la Mecque par un chemin différent. L'homme atteignit la Mecque aussi vite qu'il le put. Traversant les rues en courant, il cria : « Ô Quraysh ! Muhammad et ses compagnons ont attaqué votre caravane ! Tous vos biens seront perdus ! Vite ! Allez aider Abu Sufyan ! La peur se répandit dans toute la Mecque, car presque chaque famille avait des richesses investies dans cette caravane.
Ils se préparèrent rapidement et rassemblèrent une armée de 950 hommes. Avec 100 cavaliers et 700 chameaux, l'armée, entièrement équipée, se mit en route pour Badr. À leur tête se trouvait Abu Jahl, l'un des ennemis les plus farouches de l'Islam. Abu Lahab, quant à lui, prétexta sa maladie et envoya quelqu'un d'autre à sa place. L'armée qurayshite marchait vers Badr au son des chants et des tambours. Quelque temps plus tard, Abu Jahl reçut un message : « Vous étiez partis pour protéger votre caravane et vos hommes. Les deux sont sains et saufs maintenant, vous pouvez donc rentrer. » L'expéditeur de ce message était Abu Sufyan.
Il avait ramené la caravane saine et sauve à la Mecque et leur demandait maintenant de revenir. La plupart de l'armée voulait rentrer, mais Abu Jahl, qui nourrissait une rancune envers les musulmans, n'en avait pas l'intention. Il avait sous ses ordres une armée de près de mille hommes, entièrement équipée. Pour lui, c'était une occasion à ne pas manquer. Il était sûr de pouvoir anéantir tous les musulmans. Il dit : « Nous ne pouvons pas rentrer maintenant. Nous devons aller à Badr. Nous y resterons trois jours, nous égorgerons des chameaux, nous mangerons et boirons du vin. Les femmes esclaves chanteront pour nous divertir. Les Arabes viendront nous regarder.
Et à partir de là, ils nous craindront toujours. » Il réussit à convaincre l'armée, et ils se remirent en route. Quand la nouvelle parvint au Prophète (que la paix soit sur lui) que la caravane était arrivée à la Mecque et que les Qurayshites marchaient sur Badr avec une grande armée, il fut surpris. Il ne s'attendait pas à une telle manœuvre. Il rassembla donc ses compagnons pour discuter de la conduite à tenir.
D'abord, Miqdad ibn al-Aswad, parmi les Mouhajiroun (les émigrés), se leva et dit : « Ô Messager d'Allah, nous ne serons pas comme les enfants d'Israël qui dirent à Moïse : "Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux ; nous resterons ici." Nous sommes prêts à combattre à tes côtés jusqu'au bout. Fais donc ce que ton Seigneur t'a ordonné. Nous te suivrons. » Ces mots réjouirent grandement le Prophète (que la paix soit sur lui). Mais il voulait aussi entendre l'avis des Ansar (les auxiliaires). Car lors du serment d'allégeance d'Aqaba, ils avaient promis de le protéger à l'intérieur de Médine. Mais lui offriraient-ils la même protection à l'extérieur ?
Sa'd ibn Mu'adh se leva et dit : « Ô Messager d'Allah ﷺ, nous avons cru en toi. Nous avons eu confiance en toi. Nous attestons que ce que tu nous as apporté est la vérité. Nous avons promis de t'écouter et de t'obéir avec un engagement total. » Imaginez un instant que, là, maintenant, nous marchions aussi vers Badr avec l'armée du Prophète (que la paix soit sur lui). Serions-nous capables de dire ce qu'ils ont dit ? Je vous entends presque dire : « Oui, bien sûr, nous dirions la même chose. » Mais le dire est facile, et joindre l'acte à la parole est bien plus difficile. Car regardons aujourd'hui. La mission du Messager d'Allah ﷺ ne se poursuit-elle pas ? Absolument.
Mais qu'avons-nous vraiment sacrifié pour elle jusqu'à présent ? Ne nous cachons-nous pas souvent derrière toutes sortes d'excuses pour ne serait-ce que manquer une seule prière ? Après avoir entendu les paroles sincères de Sa'd ibn Mu'adh, l'inquiétude sur le visage du Prophète ﷺ disparut. Et il dit : « Allah Azza wa Jal (Puissant et Majestueux) m'a promis l'une des deux choses : soit la caravane, soit une victoire éclatante. Par Allah, c'est comme si je voyais déjà les endroits exacts où l'ennemi tombera. Le secours d'Allah est avec vous. » La décision de combattre était désormais prise. Face à eux se tenait une armée trois fois plus nombreuse et entièrement équipée.
Mais cela ne pouvait jamais être un obstacle pour les musulmans. Leur courage venait de la foi dans leurs cœurs, et leur soutien était Allah, dont la puissance est au-dessus de toute chose. Le Prophète (que la paix soit sur lui) positionnait ses troupes à Badr, gardant les puits d'eau devant eux. À ce moment, Houbab ibn al-Moundhir, qui était dans la trentaine et connu pour son habileté dans la stratégie militaire, vint trouver le Messager d'Allah ﷺ et demanda : « Ô Rasoulullah (Messager d'Allah), cet emplacement pour le camp est-il un ordre d'Allah ? » Rasoulullah (le Messager d'Allah) répondit : « Non, j'ai choisi cet endroit dans le cadre du plan de guerre.
» Entendant cela, Houbab fit une suggestion : « Pardonne-moi, ô Messager d'Allah ﷺ, mais je ne pense pas que ce soit le meilleur endroit. Déplaçons-nous et installons le camp près de l'eau, près de l'endroit où les Qurayshites s'installeront. Il y a là-bas un puits avec beaucoup d'eau douce. D'abord, nous pouvons creuser un bassin et le remplir d'eau, puis boucher tous les autres puits. Ainsi, chaque fois que nous aurons soif, nous boirons de notre bassin, tandis qu'eux se retrouveront sans eau et donc dans une situation difficile. » Le Prophète (que la paix soit sur lui) trouva cette suggestion sage et l'accepta.
Remarquez ici combien Rasoulullah (le Messager d'Allah) valorisait la consultation. Il n'a pas dit : « Je suis le Prophète, ce sera comme je dis. » Il montra une fois de plus qu'il était un véritable exemple en tout. Vint ensuite la planification de la bataille. Le Prophète (que la paix soit sur lui) organisa soigneusement son armée. Il les aligna de sorte que les archers se tiennent à l'arrière et ceux portant des lances se tiennent devant. Puis il dit : « Ne quittez pas vos rangs et ne brisez pas la formation. Tenez bon patiemment. Ne bougez pas. Ne commencez pas le combat avant que je n'en donne l'ordre. Ne gaspillez pas vos flèches en les tirant avant que l'ennemi ne soit proche.
Tirez vos flèches quand l'ennemi baisse son bouclier. Quand l'ennemi se rapproche, utilisez vos lances et vos javelots. L'épée vient en dernier. Ne l'utilisez qu'au corps à corps. » L'armée musulmane était prête à affronter les Qurayshites. Quand la nuit tomba, tout le monde s'endormit pour se reposer. Tout le monde, sauf un homme : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui). Il passa toute la nuit à prier et à implorer Allah. « Ô Allah, accomplis Ta promesse envers moi. Ô Allah, si ce petit groupe de musulmans est anéanti, il ne restera plus personne sur Terre pour T'adorer. » Et cette prière sincère allait être exaucée dans le Coran.
Dans le neuvième verset de la sourate Al-Anfal : « Et (rappelez-vous) le moment où vous imploriez le secours de votre Seigneur et qu’Il vous exauça aussitôt : "Je vais vous renforcer d’un millier d’Anges déferlant les uns à la suite des autres." » Oui, Allah n'abandonnerait pas cette poignée de croyants qui combattaient pour Sa cause. Il les soutiendrait par Ses armées invisibles, par Ses anges. Enfin, le jour de la bataille arriva. Quand l'armée qurayshite atteignit les plaines de Badr, elle fut ébranlée par ce qu'elle vit. « Ils ont pris le contrôle de tous les puits ! » Les musulmans avaient déjà pris le contrôle de la zone stratégique.
Mais, comptant sur leur nombre, ils pensaient que la victoire serait facile. Lorsque les deux armées se firent face, il y avait 313 musulmans contre 950 combattants qurayshites. Ahadun Ahad (Unique [Dieu], Unique [Dieu]) ! La différence de nombre était frappante. L'avantage matériel était du côté des Qurayshites. Mais spirituellement, la situation était tout à fait opposée. D'un côté, les cris de Takbir (Allahou Akbar) résonnaient sur le champ... Allahou Akbar ! (Allah est le Plus Grand !) ...tandis que de l'autre, les tambours et les chants emplissaient l'air.
D'un côté se tenait une armée qui puisait sa force d'Allah et se dressait contre l'oppression, et de l'autre une armée qui ne combattait que pour opprimer et verser le sang. Puis, l'un des chefs des Qurayshites, 'Outba ibn Rabi'ah, s'avanca avec son frère Chayba ibn Rabi'ah et son fils Walid. C'était une tradition pré-bataille courante appelée Moubaraza (duel). Avant que les combats ne commencent, un, deux ou trois guerriers s'avançaient pour un duel, puis la vraie bataille commençait. Trois jeunes hommes des Ansar (les auxiliaires) — 'Awf, Mou'awwidh et Abdallah ibn Rawaha — s'avancèrent. 'Outba les regarda et, d'un ton moqueur, demanda : « Qui êtes-vous ?!
» Ô Muhammad, envoie-nous nos égaux pour combattre ! » Il ne voulait combattre personne d'autre. Sa haine était dirigée contre le clan des Banu Hashim. Alors Rasoulullah (Le Messager d'Allah, que la paix soit sur lui) rappela les musulmans de Médine. Mais qui le Messager d'Allah ﷺ allait-il choisir ? Parmi les Mouhajiroun (les émigrés), il envoya 'Oubaydah ibn al-Harith, Hamza et Ali (qu'Allah les agrée tous deux). — « Qui sort ? » — « 'Oubaydah, et Ali. » — « Ali ? » — « Et le troisième, qui est-ce ? » — « Hamza. » — « Non, Hamza. Ce n'est pas bon. » Les trois hommes choisis par le Prophète (que la paix soit sur lui) étaient de sa propre famille.
Cette fois, 'Outba fut satisfait de ceux qui se tenaient devant lui. Et les duels commencèrent. Hamza affronta Chayba. Ali affronta Walid. Et 'Oubaydah commença son duel avec 'Outba. Après seulement quelques coups, les adversaires d'Ali et de Hamza gisaient morts sur le sol. Mais 'Oubaydah et 'Outba combattaient toujours farouchement. Selon la tradition de la Moubaraza (duel), celui qui avait vaincu son adversaire pouvait alors aller aider les autres. Hamza et Ali se précipitèrent donc rapidement pour aider 'Oubaydah et tuèrent 'Outba. Puis ils ramenèrent 'Oubaydah, blessé, auprès du Prophète (que la paix soit sur lui). Il saignait abondamment, mais il ne s'en souciait pas du tout.
Son esprit était ailleurs. Il répétait : « Ô Messager d'Allah, ne suis-je pas un martyr ? » « Si, 'Oubaydah, tu es un martyr. » À ces mots, un air de paix apparut sur le visage de 'Oubaydah. Et peu de temps après, il rendit l'âme et atteignit le rang du martyre. Il devint un Chahid (martyr). Il y avait encore un sourire sur son visage car la Chahada (le martyre), donner sa vie pour la cause d'Allah, n'était pas pour eux une mort, mais une rencontre avec le Bien-Aimé. L'armée qurayshite était sous le choc. Les hommes les plus braves qu'ils connaissaient, le puissant chef des Qurayshites, 'Outba, son frère Chayba et son fils Walid, gisaient maintenant morts sur le champ de Badr.
Pour tenter de remonter le moral de son armée, Abu Jahl cria : « Ne soyez pas ébranlés par la mort de 'Outba, Chayba et Walid ! Ils se sont précipités et sont morts pour rien ! Je le jure, aujourd'hui, la victoire sera nôtre ! Muhammad et ses compagnons nous n'en ferons qu'une bouchée » Puis il réorganisa ses troupes. Lorsque l'ordre fut donné, les deux camps chargèrent. La bataille commença avec toute sa violence. Rasoulullah (le Messager d'Allah) lui-même était au front, combattant aux côtés de ses compagnons. Il n'a pas dit : « Je suis le Prophète, allez-y vous, combattez. » Au contraire, il les encourageait par ses paroles et emplissait leurs cœurs de courage.
Il combattit avec tant de bravoure qu'Ali (qu'Allah l'agrée) dit plus tard : « Ce jour-là, le plus brave de tous était lui. Personne n'était plus proche des lignes ennemies que lui. » Hamza, Ali et 'Omar (qu'Allah les agrée tous deux) fauchaient quiconque se dressait sur leur chemin. Avec leurs épées, ils fendaient les lignes ennemies en avançant. Les compagnons combattaient de toutes leurs forces. Ce jour-là, parmi ceux présents sur le champ de bataille se trouvait Abou al-Bakhtari ibn Hicham. Nous souvenons-nous de ce nom ? À l'époque, lorsque les musulmans étaient sous le boycott à la Mecque, cinq hommes s'étaient réunis pour un plan.
Ils se tinrent à différents endroits de la rue, s'élevèrent contre le boycott, et reçurent un fort soutien du peuple. Abou al-Bakhtari était l'un de ces cinq hommes. Il était donc l'une des raisons pour lesquelles le boycott prit fin. Et maintenant, il était aussi sur ce champ de bataille, mais pas du côté des musulmans. Avant que la bataille ne commence, le Messager d'Allah ﷺ avait déclaré que certaines personnes ne devaient pas être blessées. Et Abou al-Bakhtari faisait partie de ceux-là. N'est-ce pas un exemple incroyable de gratitude et de loyauté ? Le Prophète (que la paix soit sur lui) lui donnait une chance de plus de croire.
Pendant la bataille, Abou al-Bakhtari se retrouva face à l'un des compagnons, Moujadhahir ibn Ziyad. Mais Moujadhahir évita de le combattre car il connaissait l'ordre du Prophète ﷺ. Abou al-Bakhtari ne put comprendre cela et demanda : « Pourquoi ne veux-tu pas me combattre ? » Quand Moujadhahir lui dit ce que le Prophète ﷺ avait dit, Abou al-Bakhtari se fâcha et cria : « Même s'il a dit cela, je te combattrai aujourd'hui ! » Il ignora la bonté du Prophète et attaqua Moujadhahir. Moujadhahir essaya de l'éviter, mais il n'eut pas d'autre choix. Il se défendit. Et finalement, Abou al-Bakhtari fut tué. La bataille atteignait son paroxysme.
Le Messager d'Allah ﷺ prit une poignée de poussière, la jeta en direction de l'armée ennemie et pria : « Que leurs visages soient obscurcis ! Ô Allah, remplis leurs cœurs de peur et fais trembler leurs pas ! » Cette poignée de poussière atteignit les yeux de toute l'armée ennemie. Ils ne voyaient plus rien. Allah Soubhanahou wa Ta'ala (Glorifié et Exalté soit-Il) décrit cet événement dans le Coran : « Et lorsque tu lançais (une poignée de terre) , ce n’est pas toi qui lançais: mais c’est Allah qui lançait. » Peu après, un vent sans pareil se mit à souffler. On n'y voyait rien. Et les Qurayshites furent dispersés dans toutes les directions. Puis un second vent vint, suivi d'un troisième.
Allah avait tenu Sa promesse et envoyé Ses anges pour secourir. Les Qurayshites étaient stupéfaits. Car ils pensaient n'affronter qu'une armée de 300 hommes. Mais soudain, à leurs yeux, l'armée musulmane leur parut bien plus grande et puissante. Abu Jahl, qui avait dit avant la bataille : « Ils ne sont qu'une petite bouchée pour nous », cherchait maintenant un endroit où se cacher. Tout le monde était à la poursuite de cet ennemi de l'Islam. Ils se disputaient l'honneur de le tuer. Deux jeunes frères parmi les Ansar (les auxiliaires) vinrent trouver Abdur-Rahman ibn 'Awf et lui demandèrent qui était Abu Jahl. Ibn 'Awf demanda : « Qu'allez-vous faire de lui ?
» « J'ai entendu dire qu'il insultait le Prophète. J'ai fait le serment à Allah que si je le voyais, nous ne nous séparerions pas avant que l'un de nous soit mort. » Ces deux jeunes hommes courageux étaient Mou'adh et Mou'awwidh. À ce moment, Abdur-Rahman ibn 'Awf vit Abu Jahl et le désigna du doigt. « Voici l'homme que vous cherchez. » Ils se précipitèrent tous deux vers lui. Abu Jahl ne les prit pas au sérieux, et il se moqua d'eux, disant : « Petits garçons stupides ! Si pressés de mourir ? » Mais les choses ne se passèrent pas comme il le pensait. Mou'adh s'approcha et le frappa à la jambe. Puis le fils d'Abu Jahl, 'Ikrimah, intervint et frappa durement Mou'adh.
À ce moment, Mou'awwidh porta un autre coup à Abu Jahl et le terrassa. « Le Pharaon de cette Oumma (communauté) est-il vraiment mort ? » Ils coururent tous deux vers le Prophète (que la paix soit sur lui) et lui dirent qu'ils avaient tué Abu Jahl. Rasoulullah (le Messager d'Allah) voulut en être sûr. Il ordonna donc aux compagnons de chercher Abu Jahl parmi les morts. Abdallah ibn Mas'oud fut celui qui le trouva. Abu Jahl n'était pas encore mort. Il vivait ses derniers instants. Ibn Mas'oud posa son pied sur son cou et dit : « Ô ennemi d'Allah ! Vois-tu ? Allah t'a humilié. » Même à l'agonie, Abu Jahl était encore arrogant.
Il répondit : « Tu as posé le pied sur un lieu élevé, ô fils de berger. Ce n'est pas nouveau pour un grand homme d'être tué par les siens et sa tribu. Maintenant, dis-moi, qui a la victoire aujourd'hui ? » Ibn Mas'oud dit : « Allah, et Son Messager. » Par ces mots, il l'avait déjà tué spirituellement avant même de l'achever physiquement. Vous souvenez-vous d'Abdallah ibn Mas'oud ? C'est lui qui, un jour, était allé à la Kaaba et avait récité ouvertement la sourate Ar-Rahman pour la première fois. Mais les idolâtres l'avaient immédiatement attaqué et battu presque à mort. Mais maintenant, la situation avait changé.
Il ramassa l'épée d'Abu Jahl à terre et porta le coup fatal qui mit fin à sa vie. Ici, il y avait un autre détail étonnant. Avant que la bataille ne commence, le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) avait montré les endroits exacts où les chefs de la Mecque seraient tués. Et Abu Jahl mourut à l'endroit même qu'il avait décrit. Un autre chef, Oumayyah ibn Khalaf, tomba également exactement là où le Prophète ﷺ avait pointé. Et il en fut de même pour les autres. 'Umar (qu'Allah l'agrée) dirait plus tard : « Je jure par Celui qui l'a envoyé avec la vérité, pas un d'entre eux n'est tombé au-delà de l'endroit où le Messager d'Allah ﷺ avait posé sa main.
» Comme un miracle d'Allah, il avait prédit non seulement qui mourrait, mais aussi où ils mourraient. Une fois que les chefs de la Mecque eurent été tués les uns après les autres, l'armée qurayshite se désintégra. Et les mécréants s'enfuirent pour sauver leur vie sans même regarder derrière eux. En fait, cette scène même avait été prédite dans le Coran des années auparavant. Dans les 44e et 45e versets de la sourate Al-Qamar, Allah dit : « Am yaqoulouna nahnou jami'un mountasir. Sayouhzamoul jam'ou wa youwallouna doubour. » Ce qui signifie : « Ou bien ils disent : "Nous formons un groupe [fort] et nous vaincrons." Leur rassemblement sera bientôt mis en déroute, et ils fuiront.
» Rappelez-vous les jours à la Mecque. Les musulmans étaient si peu nombreux comparés aux mécréants. Ils ont souffert de toutes les manières. Parfois sous un boycott qui dura trois ans. Parfois lapidés et battus, et parfois moqués et humiliés. À une époque où les musulmans étaient encore si faibles, ces versets prédisaient qu'ils obtiendraient bientôt la victoire sur la puissante cité de la Mecque. Il était dit : « Ils tourneront le dos et fuiront. » Cette prophétie, révélée à l'époque de leur plus grande difficulté, prouva une fois de plus la véracité du Coran : qu'il avait été envoyé par Allah. Et Allah tint Sa promesse et leur accorda la victoire.
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Car Badr n'était pas une bataille ordinaire. Pour les musulmans, ce fut peut-être la bataille la plus cruciale de l'histoire. Parce que leur nombre était très restreint. Et s'ils avaient été vaincus ici, ils seraient devenus encore moins nombreux. Cela aurait donné aux Qurayshites une occasion parfaite pour anéantir complètement les musulmans. Alors, quel a été le bilan du côté ennemi ? Lors de la bataille, 70 hommes des Qurayshites furent tués. Et 70 autres furent faits prisonniers. Alors, qu'allait-on faire d'eux ? Deux conditions furent fixées. « Rasoulullah (le Messager d'Allah) vous offre deux options.
Soit vous paierez une rançon pour gagner votre liberté, soit vous apprendrez à lire et à écrire à 10 enfants de Médine. » Ce n'est qu'à ces conditions qu'ils pouvaient être libérés. Cela montrait à quel point l'Islam valorise le savoir et l'apprentissage. Parmi les captifs se trouvait également l'oncle du Prophète (que la paix soit sur lui), 'Abbas. Il avait combattu du côté des Qurayshites. Comme les autres, il devait soit apprendre à lire et à écrire à 10 enfants, soit payer une rançon. Mais il dit à Rasoulullah (Le Messager d'Allah) : « Je n'ai pas d'argent. » Alors le Messager d'Allah demanda : « Ô 'Abbas, et l'or ?
L'or que tu as donné à ta femme Oumm al-Fadl le jour où tu as quitté la Mecque ? Quand tu le lui as remis, il n'y avait personne d'autre que vous deux. Et tu lui as dit : "Je ne sais pas ce qui va m'arriver dans ce voyage. S'il m'arrive quelque chose et que je ne reviens pas, cet or est pour toi, ceci pour Fadl, ceci pour 'Abdallah, ceci pour 'Oubaydallah, et ceci pour Qoutham." Alors, où est cet or ? » En effet, tout s'était passé exactement comme le Prophète (que la paix soit sur lui) l'avait décrit. 'Abbas fut stupéfait. Il demanda : « Qui t'a dit cela ? » « Par Allah, personne n'était au courant, sauf moi et Oumm al-Fadl.
» Le Prophète (que la paix soit sur lui) répondit : « Allah me l'a dit. » Avant ce moment, on ne savait pas clairement si 'Abbas avait secrètement accepté l'Islam ou non. Il avait encore des doutes. Mais ce jour-là, après avoir été témoin de ce miracle, il devint musulman. « Achhadou an la ilaha illallah, wa achhadou anna Muhammadan Rassouloullah. » Il retourna à la Mecque et garda sa foi secrète. De là, il envoyait secrètement des nouvelles au Prophète (que la paix soit sur lui) et aidait les musulmans dans sa ville. Un autre captif était Souhayl ibn 'Amr. C'était un orateur puissant qui, par le passé, avait parlé durement contre les musulmans.
'Umar (qu'Allah l'agrée) connaissait très bien Souhayl. C'était l'une des figures principales des Qurayshites. Quand 'Umar le vit parmi les captifs, il dit : « Ô Messager d'Allah, permets-moi d'arracher les dents de devant de cet homme, afin qu'il ne puisse plus jamais parler contre toi. » Avec ses paroles puissantes, il encourageait les Qurayshites à s'opposer à nous. Mais le Prophète de la Miséricorde (que la paix soit sur lui) répondit par des paroles dont le vrai sens ne deviendrait clair que des années plus tard : « Laisse-le, ô 'Umar. Il est à espérer qu'un jour il se trouve dans une position qui te réjouira. » Souhayl embrasserait plus tard l'Islam.
Et le jour où le Prophète (que la paix soit sur lui) mourut, alors que la Mecque était submergée par le chagrin, il prononcerait un discours qui apaiserait les cœurs. Alors que tout le monde était dévasté, comme si leur monde entier s'était effondré, les paroles apaisantes de Souhayl apporteraient la paix à la foule. Et ce fut ce jour-là que 'Umar (qu'Allah l'agrée) comprit enfin ce que le Prophète (que la paix soit sur lui) avait voulu dire. Avec cette victoire, les musulmans étaient devenus une force que l'on ne pouvait plus prendre à la légère. Alors qu'à Médine, c'était la joie et la célébration, la Mecque était remplie de tristesse.
La ville avait perdu ses hommes les plus importants sur ce champ de bataille. Abu Lahab était déjà malade et avait vieilli. Le chagrin de cette nouvelle fut plus qu'il ne pouvait en supporter. Consumé par sa rage et son chagrin, il mourut en une semaine. Craignant que sa maladie ne soit contagieuse, même ses propres fils n'approchèrent pas son corps pendant un certain temps. Quand l'odeur devint insupportable, ils traînèrent finalement le corps et l'enterrèrent quelque part. Et ainsi, un autre ennemi farouche de l'Islam disparut. Tout tournait en faveur des musulmans. Après avoir perdu 14 martyrs, les musulmans revinrent de Badr.
La bataille avait été remportée par une victoire écrasante sur les Qurayshites. Et ainsi l'armée était remplie de la joie du triomphe. Mais cette joie ne dura pas longtemps. « Ô Rasoulullah (Messager d'Allah), ta fille, Ruqayyah... est morte. » Quand le Messager d'Allah arriva, il reçut la nouvelle dévastatrice. Il fut profondément bouleversé. Il n'avait même pas pu voir sa fille dans ses derniers instants. Un jour, on demanda au Messager d’Allah (que la paix soit sur lui) quelles sont les personnes les plus durement éprouvées. Il répondit : « Les Prophètes, puis ceux qui leur ressemblent le plus, puis ceux qui leur ressemblent le plus.
» Ce n'était pas la première fois qu'il ressentait la douleur de perdre un enfant. Avant cela, il avait déjà enterré ses fils Qasim et 'Abdallah. Et puis il y avait sa fille aînée, Zaynab. Elle s'était mariée avant l'Islam. Mais son mari, Abou al-'As, n'était pas encore musulman. Le jour de Badr, Abou al-'As était aussi parmi les captifs. Le Messager d'Allah ﷺ le libéra à la condition qu'il envoie Zaynab à Médine. À cette époque, elle était enceinte. Mais, aveuglés par leur haine après Badr, les idolâtres voulurent lui nuire. Au moment où elle s'apprêtait à partir, ils effrayèrent méchamment son chameau, et Zaynab tomba sur un rocher. Elle perdit son bébé.
Elle arriva à Médine dans cet état, et son père la reçut avec une profonde tristesse. Devait-il pleurer la perte de son petit-enfant ou la douleur de sa fille ? La fausse couche de Zaynab laissa des séquelles durables sur sa santé. Et quelques années plus tard, elle aussi mourut. Perdre un seul enfant est une douleur que seuls ceux qui l'ont vécue peuvent vraiment comprendre. Pourtant, Rasoulullah (que la paix soit sur lui) l'a endurée non pas une, mais six fois. Et les épreuves qu'il a affrontées ne se limitaient pas à la perte de ses proches. Allah lui a permis de traverser ces sévères épreuves pour une raison.
Si sa vie avait été exempte de chagrin ou de difficultés, comment aurait-il pu être un véritable exemple pour nous ? Comment aurait-il pu guider ceux qui luttent contre les difficultés de la vie et toute l'humanité ? Depuis plus de 1400 ans, tous ceux de sa Oumma (communauté) qui ont fait face à des épreuves ont trouvé du réconfort dans sa Sira (biographie). Chacun pouvait voir sa propre douleur reflétée dans sa vie. Et l'une des qualités les plus remarquables du Messager d'Allah ﷺ était que, malgré toutes les difficultés qu'il a traversées, il pouvait encore sourire. Il ouvrait son cœur à son Seigneur, déversait ses soucis et cherchait refuge en Lui.
Il voyait le bien en toute chose et regardait toujours le côté positif. Il pensait avec beauté et espoir. Et c'est ainsi qu'il a pu laisser ses chagrins derrière lui. Il pouvait se concentrer sur les nouvelles bénédictions qu'Allah lui envoyait et y trouver du réconfort. L'une de ces bénédictions fut le mariage de sa fille bien-aimée Fatima. Parmi tous les gens, c'était elle qui ressemblait le plus au Messager d'Allah ﷺ. Et elle allait épouser Ali (qu'Allah l'agrée), celui que le Prophète (que la paix soit sur lui) lui-même avait élevé et instruit depuis l'enfance. La lignée bénie du Messager d'Allah ﷺ allait se perpétuer à travers Fatima et Ali (qu'Allah les agrée tous deux).
Avec un mariage très simple et modeste, sans aucune ostentation ni extravagance, un foyer paisible et aimant fut construit. Et ce foyer fut béni par la naissance de deux beaux enfants, Hassan et Hussein. Le Prophète (que la paix soit sur lui) témoigna à ses petits-fils un amour et une compassion sans pareils. Le Messager d'Allah ﷺ faisait son prêche quand il remarqua Hassan et Hussein qui titubaient là, devant tout le monde. Il descendit de la chaire, les prit dans ses bras, puis remonta. Pendant que Rasoulullah était en prosternation durant la prière, Hassan grimpa sur son dos. Et il resta en prosternation plus longtemps juste pour ne pas interrompre son jeu.
Il disait : « Ils sont mes deux fleurs parfumées de ce monde. » Il les embrassait sur la tête et le cou, respirait leur parfum et les serrait contre lui. Une telle affection, surtout pour cette époque, était extrêmement rare. Un jour, un homme vit le Prophète (que la paix soit sur lui) embrasser Hassan et demanda : « Embrassez-vous vos enfants ? J'ai dix enfants, et je n'en ai jamais embrassé aucun. » Le Messager d'Allah (que la paix soit sur lui) répondit : « Celui qui n'est pas miséricordieux envers les autres ne recevra pas de miséricorde. » Il n'avait pas seulement de la compassion pour ses petits-fils ; il la montrait à tous les enfants.
Quand le Prophète (que la paix soit sur lui) émigra à Médine, un garçon de 12 ans nommé Anas ibn Malik fut amené pour l'aider dans les tâches quotidiennes. Rasoulullah (que la paix soit sur lui) construisit une telle confiance en lui, l'éleva avec tant de soin et de bonté qu'Anas devint un homme extraordinaire. À travers lui, Rasoulullah ﷺ montra un autre bel exemple de la manière d'élever un enfant. Anas (qu'Allah l'agrée) dirait plus tard : « Le Prophète ne m'a jamais dit une parole dure.
Et il ne m'a jamais dit, à propos de quoi que ce soit que j'aie fait : "Pourquoi as-tu fait cela ?" ou à propos de quoi que ce soit que je n'aie pas fait : "Pourquoi n'as-tu pas fait cela ?" » Il servit le Prophète et resta sous sa tutelle pendant 10 ans. Anas devint alors l'un des compagnons les plus savants et respectés. Rasoulullah (que la paix soit sur lui) maria sa fille Fatima à Ali (qu'Allah l'agrée), qui était connu et loué pour son courage, sa profonde connaissance et sa sagesse. Et il maria sa fille Oumm Koulthoum à 'Outhman (qu'Allah l'agrée), celui qu'il appelait « mon compagnon au Paradis ».
'Outhman était si modeste que même les anges admiraient sa modestie et éprouvaient de la pudeur devant lui. C'était un compagnon hautement respecté et il avait l'honneur unique d'être devenu deux fois le gendre du Prophète (que la paix soit sur lui). Ainsi, le Messager d'Allah ﷺ maria ses deux fleurs bien-aimées à deux des hommes les plus vertueux sur Terre. Mais qu'en est-il du Prophète (que la paix soit sur lui) lui-même ? S'est-il remarié après Khadija (qu'Allah l'agrée) ? Quand le Prophète (que la paix soit sur lui) émigra à Médine, il trouva une communauté musulmane nombreuse et croissante. Et bien sûr, elle n'était pas composée que d'hommes.
Il y avait aussi de nombreuses femmes parmi les compagnons. Elles aussi voulaient vivre et apprendre la religion. Mais il n'était pas approprié que le Prophète (que la paix soit sur lui) interagisse personnellement et fréquemment avec les femmes. De plus, elles ne pouvaient pas lui poser librement toutes leurs questions. Après tout, c'était un homme, et il y avait des choses qu'elles étaient gênées de demander. Elles avaient donc besoin de femmes auprès de qui apprendre. Et ces femmes seraient les épouses du Prophète (que la paix soit sur lui), qui agiraient comme enseignantes pour les femmes de l'Oumma.
Elles pouvaient demander à ses épouses des choses qu'elles ne pouvaient pas demander au Prophète (que la paix soit sur lui) et apprendre d'elles quand elles le souhaitaient. Les compagnons passaient leurs journées à observer les paroles et le comportement de Rasoulullah (le Messager d'Allah). Mais ils ne pouvaient pas voir comment il vivait chez lui, sa vie de famille. C'étaient ses épouses qui partageraient ces aspects de sa vie avec les gens. C'est pourquoi, alors qu'à la Mecque, Rasoulullah (que la paix soit sur lui) vécut pendant environ 25 ans avec une seule épouse. Mais après avoir émigré à Médine, il vécut avec plusieurs épouses.
Malheureusement, certains ennemis de l'Islam ont tenté de le calomnier, prétendant qu'il était motivé par la convoitise. Ma'azallah (qu'Allah nous en préserve). Comme ils ne trouvaient aucun autre moyen de réfuter sa prophétie, ils eurent recours à de telles accusations. Mais la façon dont il a vécu sa vie réfute complètement cette allégation. À l'âge de 25 ans, alors qu'il était admiré par beaucoup dans la tribu, il épousa une femme de 40 ans, Khadija (qu'Allah l'agrée). S'il avait voulu, il n'y avait pratiquement personne qui n'aurait pas voulu lui donner sa fille en mariage. Et jusqu'à l'âge de 50 ans, il n'épousa personne d'autre.
Le désir charnel, cependant, est plus fort chez une personne entre 15 et 40 ans. Et durant cette période même, il vécut avec une seule épouse et donna un exemple parfait de chasteté et de moralité. Ce n'est qu'après l'âge de 50 ans qu'il commença une vie avec plusieurs épouses. Et la raison en était clairement l'éducation religieuse. La moitié de l'Oumma (communauté) était constituée de femmes, et l'autre moitié, les hommes, étaient élevés par des femmes. Il était donc extrêmement important d'éduquer les femmes musulmanes. C'est pourquoi le Prophète (que la paix soit sur lui) avait besoin d'épouses ayant différentes capacités et qualités.
En fait, c'était un besoin crucial, car près de la moitié de notre religion fut enseignée aux gens par les épouses du Prophète (que la paix soit sur lui). Et parmi elles, celle qui joua le plus grand rôle fut notre mère 'Aïcha (qu'Allah l'agrée). C'était une femme exceptionnellement intelligente et capable. Chaque fois que les compagnons étaient confrontés à une question religieuse qu'ils ne pouvaient résoudre ou comprendre, ils allaient la voir et l'interrogeaient derrière un rideau.
Par exemple, Abou Moussa al-Ach'ari, un compagnon connu pour sa connaissance du Coran et du Hadith, dit un jour : « Nous, les compagnons, chaque fois que nous avions besoin d'éclaircissements et que nous interrogions 'Aïcha (qu'Allah l'agrée), nous trouvions qu'elle avait connaissance du sujet. » Elle consacra sa jeunesse et toutes ses capacités à apprendre l'Islam plus profondément. Ainsi, après la mort du Prophète (que la paix soit sur lui), elle resta une source de savoir pendant 46 ans. Quelqu'un à qui les gens pouvaient toujours s'adresser avec leurs questions. En réalité, c'est quelque chose de capital pour nous. Notre religion a deux sources principales.
L'une est le Coran, et l'autre est la vie du Prophète (que la paix soit sur lui), sa voie — en bref, sa Sounna (tradition). Si vous vouliez savoir quelque chose sur le Messager d'Allah de son vivant, vous pouviez simplement le lui demander. Mais qu'en est-il après sa mort ? Il fallait se tourner vers ceux qui le connaissaient le mieux. Ses plus proches. Ses épouses. Celles qui avaient été témoins de chaque instant de sa vie. Et notre mère 'Aïcha fut l'un des sept compagnons qui rapportèrent le plus de hadiths. Imaginez. Si toutes les épouses du Prophète (que la paix soit sur lui) étaient mortes seulement quelques années après lui, cela n'aurait-il pas laissé un énorme vide ?
Une autre chose étrange est que, comme nous l'avons dit plus tôt, parce que le Prophète (que la paix soit sur lui) avait plusieurs épouses, certaines personnes l'accusent de convoitise. Mais ces gens ne regardent pas tous ses mariages. Il épousa des femmes qui avaient la quarantaine ou la cinquantaine. Des veuves vivant avec leurs enfants. Par ces mariages, il devint une figure paternelle pour 12 enfants orphelins, prenant la responsabilité de leur soin. Aujourd'hui, les gens hésitent même à épouser une veuve avec un seul enfant. Et même s'ils le font, la manière dont ils remplissent le rôle de père est une autre question.
Pourtant, tous ces 12 enfants admiraient le Prophète (que la paix soit sur lui). Alors qu'il portait une responsabilité aussi extraordinaire, ses mariages pouvaient-ils avoir quoi que ce soit à voir avec la convoitise ? Je vous laisse en juger. Alors, comment était la relation du Prophète (que la paix soit sur lui) avec ses épouses dans tous ces mariages ? Normalement, un leader ou un dirigeant a des dizaines, voire des centaines de sujets à traiter, n'est-ce pas ? Et souvent, il n'a pas assez de temps pour beaucoup d'entre eux. Surtout en ce qui concerne sa propre famille, il doit souvent faire beaucoup de sacrifices.
Mais le Messager d'Allah ﷺ avait un sens incroyable de la gestion du temps. Pensez-y. Il y avait constamment des tensions politiques avec la Mecque. Et il devait toujours être préparé et vigilant à leur égard. En même temps, à l'intérieur même de Médine, il y avait de nombreux facteurs politiques qui cherchaient à causer des problèmes. Surtout les activités des hypocrites et les problèmes causés par les juifs. Nous verrons ces deux aspects plus clairement dans les épisodes suivants. Il devait aussi gérer ces défis. Et en même temps, il devait garder un œil sur les autres tribus arabes et les États voisins également.
Et par-dessus tout cela, il devait diriger la prière à la Mosquée cinq fois par jour. Tout en répondant aux questions de dizaines de compagnons. Il devait leur enseigner. En temps de guerre, il menait l'armée. Chaque nuit, il interrompait son sommeil pour se lever en prière. Il vécut une vie d'adoration que personne de sa Oumma (communauté) n'a surpassée en 1400 ans. Croyez-moi, en parcourant les pages de la Sira (biographie), cette liste ne cesse de s'allonger. Il devait remplir toutes ces responsabilités avec succès. Et il l'a vraiment fait. Alors, avec une vie aussi chargée, combien de temps et d'attention pensez-vous qu'un homme pouvait accorder à ses épouses ?
Il leur témoigna tellement d'attention et de soin qu'après 1400 ans, personne n'a atteint ce niveau. Malgré une liste interminable de devoirs, comment pouvait-il encore trouver le temps de faire une course avec 'Aïcha de temps en temps ? Quand Safiyyah s'apprêtait à monter sur son chameau, le Messager d'Allah se penchait et offrait son genou comme marchepied. Avec toutes les responsabilités qu'il portait, comment pouvait-il penser à un geste aussi attentionné ? Une fois, notre mère 'Aïcha s'est fâchée contre le Prophète (que la paix soit sur lui) et a élevé la voix. Quand son père Abou Bakr entendit cela de l'extérieur, il se fâcha et voulut la frapper.
Alors, que fit le Prophète (que la paix soit sur lui) ? Il l'arrêta, le renvoya, puis dit en plaisantant à 'Aïcha (qu'Allah l'agrée) : « As-tu vu comment je t'ai sauvée de cet homme ? » Il fit preuve d'un niveau de patience et de gentillesse impossible à trouver chez un autre homme. Loin de se fâcher ou de lever la main, il plaisanta même. D'un côté, il y a des hommes qui ne demandent jamais l'avis de leur femme, même pas sur des sujets qui les concernent. De l'autre côté, nous voyons le Messager d'Allah ﷺ qui consultait ses épouses et agissait selon leurs conseils même dans des affaires cruciales. Il disait à ses épouses qu'il les aimait.
Il louait leurs bonnes qualités, les appréciait et leur faisait sentir qu'elles avaient de la valeur. Alors qu'il recevait la révélation d'Allah, qu'il s'entretenait avec Jibril, alors que les anges se tenaient devant lui avec respect, comment pouvait-il encore témoigner une telle bonté à toutes ses épouses ? La réponse est simple. Parce qu'il était le meilleur exemple envoyé par Allah. À travers l'histoire, chaque personne célèbre a été un exemple dans seulement deux ou trois de ses qualités. Mais le Prophète (que la paix soit sur lui) était un exemple parfait dans chacune de ses qualités. Dans son caractère, ses manières, tout. Et savez-vous ce qu'il y a de plus remarquable ?
Même dans les qualités qui se trouvent rarement ensemble à un haut niveau, il était aussi le meilleur exemple. Qu'entends-je par là ? Par exemple, si une personne est très compatissante, on peut remarquer une certaine faiblesse dans son sens de la justice. Ou si le sens de la justice de quelqu'un est très fort, on peut voir un manque de compassion. Mais il excellait dans les deux qualités à la fois. Si une personne est très audacieuse et courageuse, on ne s'attend généralement pas à ce qu'elle reste calme et douce quand il le faut. Et si quelqu'un est calme et doux, il n'agit généralement pas avec audace quand le moment vient.
Mais encore une fois, le Prophète (que la paix soit sur lui) surpassa tout le monde dans ces deux qualités. De même, si quelqu'un est toujours prompt à agir, on ne s'attend pas à ce qu'il soit prudent. Et si quelqu'un est très prudent, on le voit rarement prendre des actions rapides ou audacieuses. Mais encore une fois, Rasoulullah (le Messager d'Allah) était en avance sur tout le monde dans les deux. C'était un homme de paix, tout en montrant en même temps la plus forte haine pour la cause d'Allah. Il était extrêmement économe, mais aussi extrêmement généreux. Et ainsi de suite.
Quand Bediuzzaman Said Nursi fit cette comparaison, il décrivit cet aspect du Messager d'Allah comme « le miracle des miracles ». Maintenant que nous avons jeté un coup d'œil à la vie familiale et au caractère du Messager d'Allah ﷺ, tournons-nous vers ce qui s'est passé après Badr. Si vous vous souvenez, l'un des plus grands défis du Prophète (que la paix soit sur lui) était d'éviter les divisions parmi les gens à Médine. Il a également été mentionné que les tribus juives causeraient beaucoup de problèmes à cet égard. Ainsi, pour prévenir d'éventuels conflits et vivre ensemble en paix, le Prophète (que la paix soit sur lui) prépara un traité après l'Hégire (la migration).
Et ils y consentirent. Mais après Badr, la tension commença à monter parmi les tribus juives de Médine. La victoire des musulmans fit ressortir la jalousie et la haine cachées dans leurs cœurs. Ils commencèrent à réciter des poèmes qui insultaient le Prophète (que la paix soit sur lui) et les musulmans. Ils essayaient aussi d'autres moyens de les provoquer. Mais ensuite, ils firent quelque chose qui franchit la ligne. Un jour, la femme d'un musulman entra dans une bijouterie tenue par un juif de la tribu des Banu Qaynouqa. Elle s'était voilé le visage par pudeur. Pendant qu'elle était assise là, certains des juifs commencèrent à l'importuner et tentèrent de lui découvrir le visage.
Comme elle refusait, l'un d'eux vint par derrière et attacha une partie de ses vêtements à l'autre avec une épine. Quand elle se leva, sa jupe s'ouvrit soudainement. Et les juifs éclatèrent de rire devant cet acte dégoûtant. La musulmane cria de saisissement. Entendant son cri, l'un des compagnons se précipita dans la boutique. Rempli de colère, il attrapa le juif par le cou, et dans la bagarre qui s'ensuivit, il le tua. Puis les autres juifs attaquèrent le compagnon et le battirent à mort. Il fut martyrisé. La nouvelle de cet incident parvint rapidement au Messager d'Allah (que la paix soit sur lui). Sans délai, Rasoulullah (le Messager d'Allah) rassembla les Banu Qaynouqa et leur parla.
Il leur ordonna fermement de cesser de causer des problèmes et leur comportement arrogant et irrespectueux, puis les invita à l'Islam. Mais au lieu d'écouter et de se corriger, ils répondirent avec arrogance. « Ô Muhammad ! Ne te laisse pas tromper par ta victoire sur des gens qui ne connaissent rien à la guerre. Nous ne sommes pas comme eux. Nous sommes des combattants habiles. Si tu oses nous affronter, tu verras quel genre d'hommes nous sommes. » Après ce défi ouvert, ils partirent. Ils avaient rompu le traité de Médine. Le Prophète (que la paix soit sur lui) rassembla immédiatement ses compagnons et leur ordonna de se préparer au combat. Il allait répondre à leur défi.
Nous verrons cette même attitude à plusieurs reprises dans la Sira (biographie). Chaque fois que quelqu'un essayait d'intimider les musulmans ou de les défier, quelle que soit la taille de l'ennemi — même s'ils avaient une armée de cent mille hommes — le Prophète (que la paix soit sur lui) ne reculait jamais. Il leur faisait face sans crainte et montrait le courage et la force des musulmans. Il acheva les préparatifs et marcha contre les Banu Qaynouqa. Ces juifs avaient une forteresse solide. Quand ils apprirent que le Prophète (que la paix soit sur lui) arrivait, ils s'y retirèrent. Les Banu Qaynouqa comptaient environ 700 combattants, dont 300 portaient des armures.
Et ils décidèrent de se défendre depuis l'intérieur de leur forteresse. Et ils y restèrent environ 15 jours. Incapables d'en sortir. Et quand ils réalisèrent qu'ils ne pouvaient plus résister aux musulmans, la peur les envahit et ils acceptèrent de se rendre. Ils capitulèrent sans combattre. Même si le Prophète (que la paix soit sur lui) aurait pu ordonner leur exécution, il leur laissa la vie sauve et leur donna trois jours pour quitter Médine. Et ainsi, la tribu des Banu Qaynouqa fut expulsée de Médine comme punition pour avoir rompu le traité. Pendant que tout cela se passait à Médine, la situation à la Mecque devenait de plus en plus tendue.
Après que les figures principales des Qurayshites eurent été tuées à Badr, Abu Sufyan devint leur nouveau chef. Les Qurayshites brûlaient d'un désir féroce de vengeance. Jurant de venger la défaite, Abu Sufyan s'approcha de Médine avec 200 cavaliers. Il recueillit des informations sur les musulmans auprès de certains juifs de là-bas. Et dans un endroit appelé 'Ourayd, près de Médine, il brûla deux maisons et plusieurs palmeraies, et martyrisa deux musulmans. Mais quand il apprit que 200 musulmans marchaient vers lui, il s'enfuit rapidement. Par cet acte, Abu Sufyan pensa avoir pris sa revanche. Mais bien sûr, les Qurayshites ne s'arrêteraient pas là.
Ceux qui avaient perdu leurs proches à Badr brûlaient toujours de colère. Finalement, le moment qu'ils attendaient arriva. Leur caravane commerciale revint. Ils rassemblèrent les bénéfices en un seul endroit et demandèrent de l'aide aux tribus voisines. Et puis, ils commencèrent à planifier leur attaque avec grand soin. Poussés par leur soif de vengeance, les Qurayshites rassemblèrent une armée de 3000 hommes. Une bataille féroce se profilait à l'horizon. Que se passerait-il cette fois ? Qui gagnerait ? La bataille d'Uhud, que le Prophète (que la paix soit sur lui) appela « l'un des deux jours les plus durs de ma vie », nous attend dans le prochain épisode. Restez à l'écoute.
C'est pourquoi le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) implorait Allah, Le priant avec ces mots : « Ô Allah, si Tu anéantis ce petit groupe de croyants, il ne restera plus personne sur Terre pour T'adorer. » Alors, que se passerait-il sur ce champ de bataille ? Et même avant cela, comment en est-on arrivé là ? Revenons un peu en arrière. Cette série de vidéos est basée sur des centaines de références provenant de sources islamiques fiables. Toutes les images générées par IA ont été préparées en consultation avec des érudits musulmans qualifiés et conformément aux directives islamiques.
Tout en établissant le nouvel État à Médine, le Messager d'Allah (que la paix soit sur lui) avait également mis en place un système de renseignement. Il voulait connaître à l'avance toute menace potentielle contre la ville et recueillir des informations sur les environs. Au cours de la deuxième année après l'Hégire (la migration), un rapport parvint par ce réseau. Les Qurayshites avaient envoyé une immense caravane commerciale menée par Abu Sufyan. Bien sûr, cette caravane n'était pas composée uniquement de leurs propres marchandises. Souvenez-vous de l'époque de l'Hégire (la migration). Les musulmans avaient dû migrer dans des conditions très difficiles.
Ils avaient dû laisser derrière eux tous leurs biens en quittant la Mecque. Ensuite, ces biens furent saisis par les Qurayshites et ajoutés à cette caravane pour être vendus. Les biens durement gagnés par les croyants étaient sur le point de devenir des armes entre les mains de leurs ennemis. Même pendant l'Hégire (la migration), le Messager de Miséricorde et de Justice (que la paix soit sur lui) pensa aux biens des idolâtres et chargea Ali (qu'Allah l'agrée) de les rendre à leurs propriétaires. Mais les Qurayshites ne firent preuve d'aucune moralité semblable et saisirent les biens des Mouhajiroun (les émigrés).
Le moment était venu de montrer aux Moushrikoun (polythéistes), qui avaient chassé les musulmans de leurs foyers et les avaient traités avec toutes sortes de cruautés, qui détenait vraiment la force. Ils devaient comprendre qu'ils ne pouvaient plus faire ce qu'ils voulaient, et il fallait leur montrer quelque chose qui leur inspirerait de la crainte. Ils n'allaient pas s'arrêter tant qu'ils ne verraient pas une véritable force physique se dresser contre eux. Ainsi, le Messager d'Allah (que la paix soit sur lui) envoya un éclaireur pour suivre la caravane. Puis il dit à ses compagnons : « Que celui qui a une monture, la monte et vienne avec nous.
» Rasoulullah (Le Messager d'Allah, que la paix soit sur lui) commença à se préparer en vue d'une éventuelle rencontre avec les Qurayshites. Les compagnons étaient très désireux de participer à cette expédition. À tel point qu'il y avait même des pères et des fils qui tirèrent au sort pour décider qui partirait. Chacun d'eux aspirait à l'honneur du martyre. Bientôt, une armée de compagnons fut rassemblée, forte de plus de 300 hommes. Il y avait aussi parmi eux de très jeunes gens. Mais le Prophète (que la paix soit sur lui) ne permit pas à ceux qui étaient trop jeunes de rejoindre l'armée et les renvoya. Oumayr ibn Abi Waqqas, qui n'avait que 16 ans, était également là.
Malgré son jeune âge, il voulait vraiment participer à cette expédition. Il essaya de se cacher, espérant que le Messager d'Allah ﷺ ne le verrait pas et ne le renverrait pas. Mais quand Rasoulullah (le Messager d'Allah) le remarqua, il dit : « Toi aussi, tu dois rentrer. » Oumayr était petit et, jusqu'alors, il n'avait jamais ceint une épée à sa taille. Son corps était menu, mais son cœur était grand et plein de courage. Même si Rasoulullah (le Messager d'Allah) voulait d'abord le renvoyer, il ne put ignorer la détermination de ce jeune guerrier. Il permit donc à Oumayr de rejoindre l'armée. La permission donnée, Sa'd ibn Abi Waqqas ceignit l'épée de son frère autour de sa taille.
Quand Oumayr marchait, son épée traînait sur le sol, laissant une trace derrière lui. Et ce jeune homme deviendrait plus tard l'un des martyrs de Badr. À cette époque, la fille bien-aimée du Messager d'Allah ﷺ, Ruqayyah, était gravement malade. Pourtant, malgré son état, le Prophète ﷺ ne renonça pas à se lancer dans cette expédition. Mais il laissa son gendre, Outhman ibn Affan, à Médine pour prendre soin d'elle. Lorsque les préparatifs furent terminés, une armée de 313 hommes fut constituée. Sous un soleil de plomb, Rasoulullah (Le Messager d'Allah ﷺ) se mit en route pour Badr avec ses compagnons.
Comme il y avait plusieurs puits d'eau à cet endroit, les caravanes passaient souvent par cette région. L'armée avait très peu de montures. Seulement deux chevaux et 70 chameaux. Le Prophète (que la paix soit sur lui), Ali et Marthad ibn Abi Marthad partageaient un même chameau, montant à tour de rôle. Quand c'était au tour du Prophète de marcher, les deux autres disaient : « Ô Messager d'Allah ﷺ, monte, et nous marcherons à ta place. » Mais le Prophète (que la paix soit sur lui) refusa et dit : « Vous n'êtes pas plus forts que moi pour marcher, et j'ai besoin des bonnes œuvres et de la récompense d'Allah tout autant que vous. » Et ils poursuivirent ainsi leur chemin.
À un moment donné du voyage, Rasoulullah (que la paix soit sur lui) regarda son armée. Certains marchaient pieds nus, sans rien pour se protéger les pieds en vue de la bataille Il pria : « Ô Allah, ces soldats n'ont pas d'animaux pour les porter, alors Toi, porte-les. Ô Allah, ils n'ont rien à se mettre, et ils ont faim, alors Toi, habille-les et nourris-les. » Ils vivaient dans la pauvreté, mais ils savaient que la vraie force venait de la foi. Et cette foi, sous sa forme la plus belle, était présente dans cette armée. Avant même d'atteindre les plaines de Badr, Abu Sufyan apprit que les musulmans s'y rendaient en tant qu'armée. « Les musulmans arrivent !
» Dès son départ, il craignait que les musulmans ne les interceptent. Et maintenant, ce qu'il redoutait se réalisait. Il envoya immédiatement un de ses hommes aux Qurayshites pour annoncer la nouvelle et changea d'itinéraire. Il allait ramener la caravane à la Mecque par un chemin différent. L'homme atteignit la Mecque aussi vite qu'il le put. Traversant les rues en courant, il cria : « Ô Quraysh ! Muhammad et ses compagnons ont attaqué votre caravane ! Tous vos biens seront perdus ! Vite ! Allez aider Abu Sufyan ! La peur se répandit dans toute la Mecque, car presque chaque famille avait des richesses investies dans cette caravane.
Ils se préparèrent rapidement et rassemblèrent une armée de 950 hommes. Avec 100 cavaliers et 700 chameaux, l'armée, entièrement équipée, se mit en route pour Badr. À leur tête se trouvait Abu Jahl, l'un des ennemis les plus farouches de l'Islam. Abu Lahab, quant à lui, prétexta sa maladie et envoya quelqu'un d'autre à sa place. L'armée qurayshite marchait vers Badr au son des chants et des tambours. Quelque temps plus tard, Abu Jahl reçut un message : « Vous étiez partis pour protéger votre caravane et vos hommes. Les deux sont sains et saufs maintenant, vous pouvez donc rentrer. » L'expéditeur de ce message était Abu Sufyan.
Il avait ramené la caravane saine et sauve à la Mecque et leur demandait maintenant de revenir. La plupart de l'armée voulait rentrer, mais Abu Jahl, qui nourrissait une rancune envers les musulmans, n'en avait pas l'intention. Il avait sous ses ordres une armée de près de mille hommes, entièrement équipée. Pour lui, c'était une occasion à ne pas manquer. Il était sûr de pouvoir anéantir tous les musulmans. Il dit : « Nous ne pouvons pas rentrer maintenant. Nous devons aller à Badr. Nous y resterons trois jours, nous égorgerons des chameaux, nous mangerons et boirons du vin. Les femmes esclaves chanteront pour nous divertir. Les Arabes viendront nous regarder.
Et à partir de là, ils nous craindront toujours. » Il réussit à convaincre l'armée, et ils se remirent en route. Quand la nouvelle parvint au Prophète (que la paix soit sur lui) que la caravane était arrivée à la Mecque et que les Qurayshites marchaient sur Badr avec une grande armée, il fut surpris. Il ne s'attendait pas à une telle manœuvre. Il rassembla donc ses compagnons pour discuter de la conduite à tenir.
D'abord, Miqdad ibn al-Aswad, parmi les Mouhajiroun (les émigrés), se leva et dit : « Ô Messager d'Allah, nous ne serons pas comme les enfants d'Israël qui dirent à Moïse : "Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux ; nous resterons ici." Nous sommes prêts à combattre à tes côtés jusqu'au bout. Fais donc ce que ton Seigneur t'a ordonné. Nous te suivrons. » Ces mots réjouirent grandement le Prophète (que la paix soit sur lui). Mais il voulait aussi entendre l'avis des Ansar (les auxiliaires). Car lors du serment d'allégeance d'Aqaba, ils avaient promis de le protéger à l'intérieur de Médine. Mais lui offriraient-ils la même protection à l'extérieur ?
Sa'd ibn Mu'adh se leva et dit : « Ô Messager d'Allah ﷺ, nous avons cru en toi. Nous avons eu confiance en toi. Nous attestons que ce que tu nous as apporté est la vérité. Nous avons promis de t'écouter et de t'obéir avec un engagement total. » Imaginez un instant que, là, maintenant, nous marchions aussi vers Badr avec l'armée du Prophète (que la paix soit sur lui). Serions-nous capables de dire ce qu'ils ont dit ? Je vous entends presque dire : « Oui, bien sûr, nous dirions la même chose. » Mais le dire est facile, et joindre l'acte à la parole est bien plus difficile. Car regardons aujourd'hui. La mission du Messager d'Allah ﷺ ne se poursuit-elle pas ? Absolument.
Mais qu'avons-nous vraiment sacrifié pour elle jusqu'à présent ? Ne nous cachons-nous pas souvent derrière toutes sortes d'excuses pour ne serait-ce que manquer une seule prière ? Après avoir entendu les paroles sincères de Sa'd ibn Mu'adh, l'inquiétude sur le visage du Prophète ﷺ disparut. Et il dit : « Allah Azza wa Jal (Puissant et Majestueux) m'a promis l'une des deux choses : soit la caravane, soit une victoire éclatante. Par Allah, c'est comme si je voyais déjà les endroits exacts où l'ennemi tombera. Le secours d'Allah est avec vous. » La décision de combattre était désormais prise. Face à eux se tenait une armée trois fois plus nombreuse et entièrement équipée.
Mais cela ne pouvait jamais être un obstacle pour les musulmans. Leur courage venait de la foi dans leurs cœurs, et leur soutien était Allah, dont la puissance est au-dessus de toute chose. Le Prophète (que la paix soit sur lui) positionnait ses troupes à Badr, gardant les puits d'eau devant eux. À ce moment, Houbab ibn al-Moundhir, qui était dans la trentaine et connu pour son habileté dans la stratégie militaire, vint trouver le Messager d'Allah ﷺ et demanda : « Ô Rasoulullah (Messager d'Allah), cet emplacement pour le camp est-il un ordre d'Allah ? » Rasoulullah (le Messager d'Allah) répondit : « Non, j'ai choisi cet endroit dans le cadre du plan de guerre.
» Entendant cela, Houbab fit une suggestion : « Pardonne-moi, ô Messager d'Allah ﷺ, mais je ne pense pas que ce soit le meilleur endroit. Déplaçons-nous et installons le camp près de l'eau, près de l'endroit où les Qurayshites s'installeront. Il y a là-bas un puits avec beaucoup d'eau douce. D'abord, nous pouvons creuser un bassin et le remplir d'eau, puis boucher tous les autres puits. Ainsi, chaque fois que nous aurons soif, nous boirons de notre bassin, tandis qu'eux se retrouveront sans eau et donc dans une situation difficile. » Le Prophète (que la paix soit sur lui) trouva cette suggestion sage et l'accepta.
Remarquez ici combien Rasoulullah (le Messager d'Allah) valorisait la consultation. Il n'a pas dit : « Je suis le Prophète, ce sera comme je dis. » Il montra une fois de plus qu'il était un véritable exemple en tout. Vint ensuite la planification de la bataille. Le Prophète (que la paix soit sur lui) organisa soigneusement son armée. Il les aligna de sorte que les archers se tiennent à l'arrière et ceux portant des lances se tiennent devant. Puis il dit : « Ne quittez pas vos rangs et ne brisez pas la formation. Tenez bon patiemment. Ne bougez pas. Ne commencez pas le combat avant que je n'en donne l'ordre. Ne gaspillez pas vos flèches en les tirant avant que l'ennemi ne soit proche.
Tirez vos flèches quand l'ennemi baisse son bouclier. Quand l'ennemi se rapproche, utilisez vos lances et vos javelots. L'épée vient en dernier. Ne l'utilisez qu'au corps à corps. » L'armée musulmane était prête à affronter les Qurayshites. Quand la nuit tomba, tout le monde s'endormit pour se reposer. Tout le monde, sauf un homme : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui). Il passa toute la nuit à prier et à implorer Allah. « Ô Allah, accomplis Ta promesse envers moi. Ô Allah, si ce petit groupe de musulmans est anéanti, il ne restera plus personne sur Terre pour T'adorer. » Et cette prière sincère allait être exaucée dans le Coran.
Dans le neuvième verset de la sourate Al-Anfal : « Et (rappelez-vous) le moment où vous imploriez le secours de votre Seigneur et qu’Il vous exauça aussitôt : "Je vais vous renforcer d’un millier d’Anges déferlant les uns à la suite des autres." » Oui, Allah n'abandonnerait pas cette poignée de croyants qui combattaient pour Sa cause. Il les soutiendrait par Ses armées invisibles, par Ses anges. Enfin, le jour de la bataille arriva. Quand l'armée qurayshite atteignit les plaines de Badr, elle fut ébranlée par ce qu'elle vit. « Ils ont pris le contrôle de tous les puits ! » Les musulmans avaient déjà pris le contrôle de la zone stratégique.
Mais, comptant sur leur nombre, ils pensaient que la victoire serait facile. Lorsque les deux armées se firent face, il y avait 313 musulmans contre 950 combattants qurayshites. Ahadun Ahad (Unique [Dieu], Unique [Dieu]) ! La différence de nombre était frappante. L'avantage matériel était du côté des Qurayshites. Mais spirituellement, la situation était tout à fait opposée. D'un côté, les cris de Takbir (Allahou Akbar) résonnaient sur le champ... Allahou Akbar ! (Allah est le Plus Grand !) ...tandis que de l'autre, les tambours et les chants emplissaient l'air.
D'un côté se tenait une armée qui puisait sa force d'Allah et se dressait contre l'oppression, et de l'autre une armée qui ne combattait que pour opprimer et verser le sang. Puis, l'un des chefs des Qurayshites, 'Outba ibn Rabi'ah, s'avanca avec son frère Chayba ibn Rabi'ah et son fils Walid. C'était une tradition pré-bataille courante appelée Moubaraza (duel). Avant que les combats ne commencent, un, deux ou trois guerriers s'avançaient pour un duel, puis la vraie bataille commençait. Trois jeunes hommes des Ansar (les auxiliaires) — 'Awf, Mou'awwidh et Abdallah ibn Rawaha — s'avancèrent. 'Outba les regarda et, d'un ton moqueur, demanda : « Qui êtes-vous ?!
» Ô Muhammad, envoie-nous nos égaux pour combattre ! » Il ne voulait combattre personne d'autre. Sa haine était dirigée contre le clan des Banu Hashim. Alors Rasoulullah (Le Messager d'Allah, que la paix soit sur lui) rappela les musulmans de Médine. Mais qui le Messager d'Allah ﷺ allait-il choisir ? Parmi les Mouhajiroun (les émigrés), il envoya 'Oubaydah ibn al-Harith, Hamza et Ali (qu'Allah les agrée tous deux). — « Qui sort ? » — « 'Oubaydah, et Ali. » — « Ali ? » — « Et le troisième, qui est-ce ? » — « Hamza. » — « Non, Hamza. Ce n'est pas bon. » Les trois hommes choisis par le Prophète (que la paix soit sur lui) étaient de sa propre famille.
Cette fois, 'Outba fut satisfait de ceux qui se tenaient devant lui. Et les duels commencèrent. Hamza affronta Chayba. Ali affronta Walid. Et 'Oubaydah commença son duel avec 'Outba. Après seulement quelques coups, les adversaires d'Ali et de Hamza gisaient morts sur le sol. Mais 'Oubaydah et 'Outba combattaient toujours farouchement. Selon la tradition de la Moubaraza (duel), celui qui avait vaincu son adversaire pouvait alors aller aider les autres. Hamza et Ali se précipitèrent donc rapidement pour aider 'Oubaydah et tuèrent 'Outba. Puis ils ramenèrent 'Oubaydah, blessé, auprès du Prophète (que la paix soit sur lui). Il saignait abondamment, mais il ne s'en souciait pas du tout.
Son esprit était ailleurs. Il répétait : « Ô Messager d'Allah, ne suis-je pas un martyr ? » « Si, 'Oubaydah, tu es un martyr. » À ces mots, un air de paix apparut sur le visage de 'Oubaydah. Et peu de temps après, il rendit l'âme et atteignit le rang du martyre. Il devint un Chahid (martyr). Il y avait encore un sourire sur son visage car la Chahada (le martyre), donner sa vie pour la cause d'Allah, n'était pas pour eux une mort, mais une rencontre avec le Bien-Aimé. L'armée qurayshite était sous le choc. Les hommes les plus braves qu'ils connaissaient, le puissant chef des Qurayshites, 'Outba, son frère Chayba et son fils Walid, gisaient maintenant morts sur le champ de Badr.
Pour tenter de remonter le moral de son armée, Abu Jahl cria : « Ne soyez pas ébranlés par la mort de 'Outba, Chayba et Walid ! Ils se sont précipités et sont morts pour rien ! Je le jure, aujourd'hui, la victoire sera nôtre ! Muhammad et ses compagnons nous n'en ferons qu'une bouchée » Puis il réorganisa ses troupes. Lorsque l'ordre fut donné, les deux camps chargèrent. La bataille commença avec toute sa violence. Rasoulullah (le Messager d'Allah) lui-même était au front, combattant aux côtés de ses compagnons. Il n'a pas dit : « Je suis le Prophète, allez-y vous, combattez. » Au contraire, il les encourageait par ses paroles et emplissait leurs cœurs de courage.
Il combattit avec tant de bravoure qu'Ali (qu'Allah l'agrée) dit plus tard : « Ce jour-là, le plus brave de tous était lui. Personne n'était plus proche des lignes ennemies que lui. » Hamza, Ali et 'Omar (qu'Allah les agrée tous deux) fauchaient quiconque se dressait sur leur chemin. Avec leurs épées, ils fendaient les lignes ennemies en avançant. Les compagnons combattaient de toutes leurs forces. Ce jour-là, parmi ceux présents sur le champ de bataille se trouvait Abou al-Bakhtari ibn Hicham. Nous souvenons-nous de ce nom ? À l'époque, lorsque les musulmans étaient sous le boycott à la Mecque, cinq hommes s'étaient réunis pour un plan.
Ils se tinrent à différents endroits de la rue, s'élevèrent contre le boycott, et reçurent un fort soutien du peuple. Abou al-Bakhtari était l'un de ces cinq hommes. Il était donc l'une des raisons pour lesquelles le boycott prit fin. Et maintenant, il était aussi sur ce champ de bataille, mais pas du côté des musulmans. Avant que la bataille ne commence, le Messager d'Allah ﷺ avait déclaré que certaines personnes ne devaient pas être blessées. Et Abou al-Bakhtari faisait partie de ceux-là. N'est-ce pas un exemple incroyable de gratitude et de loyauté ? Le Prophète (que la paix soit sur lui) lui donnait une chance de plus de croire.
Pendant la bataille, Abou al-Bakhtari se retrouva face à l'un des compagnons, Moujadhahir ibn Ziyad. Mais Moujadhahir évita de le combattre car il connaissait l'ordre du Prophète ﷺ. Abou al-Bakhtari ne put comprendre cela et demanda : « Pourquoi ne veux-tu pas me combattre ? » Quand Moujadhahir lui dit ce que le Prophète ﷺ avait dit, Abou al-Bakhtari se fâcha et cria : « Même s'il a dit cela, je te combattrai aujourd'hui ! » Il ignora la bonté du Prophète et attaqua Moujadhahir. Moujadhahir essaya de l'éviter, mais il n'eut pas d'autre choix. Il se défendit. Et finalement, Abou al-Bakhtari fut tué. La bataille atteignait son paroxysme.
Le Messager d'Allah ﷺ prit une poignée de poussière, la jeta en direction de l'armée ennemie et pria : « Que leurs visages soient obscurcis ! Ô Allah, remplis leurs cœurs de peur et fais trembler leurs pas ! » Cette poignée de poussière atteignit les yeux de toute l'armée ennemie. Ils ne voyaient plus rien. Allah Soubhanahou wa Ta'ala (Glorifié et Exalté soit-Il) décrit cet événement dans le Coran : « Et lorsque tu lançais (une poignée de terre) , ce n’est pas toi qui lançais: mais c’est Allah qui lançait. » Peu après, un vent sans pareil se mit à souffler. On n'y voyait rien. Et les Qurayshites furent dispersés dans toutes les directions. Puis un second vent vint, suivi d'un troisième.
Allah avait tenu Sa promesse et envoyé Ses anges pour secourir. Les Qurayshites étaient stupéfaits. Car ils pensaient n'affronter qu'une armée de 300 hommes. Mais soudain, à leurs yeux, l'armée musulmane leur parut bien plus grande et puissante. Abu Jahl, qui avait dit avant la bataille : « Ils ne sont qu'une petite bouchée pour nous », cherchait maintenant un endroit où se cacher. Tout le monde était à la poursuite de cet ennemi de l'Islam. Ils se disputaient l'honneur de le tuer. Deux jeunes frères parmi les Ansar (les auxiliaires) vinrent trouver Abdur-Rahman ibn 'Awf et lui demandèrent qui était Abu Jahl. Ibn 'Awf demanda : « Qu'allez-vous faire de lui ?
» « J'ai entendu dire qu'il insultait le Prophète. J'ai fait le serment à Allah que si je le voyais, nous ne nous séparerions pas avant que l'un de nous soit mort. » Ces deux jeunes hommes courageux étaient Mou'adh et Mou'awwidh. À ce moment, Abdur-Rahman ibn 'Awf vit Abu Jahl et le désigna du doigt. « Voici l'homme que vous cherchez. » Ils se précipitèrent tous deux vers lui. Abu Jahl ne les prit pas au sérieux, et il se moqua d'eux, disant : « Petits garçons stupides ! Si pressés de mourir ? » Mais les choses ne se passèrent pas comme il le pensait. Mou'adh s'approcha et le frappa à la jambe. Puis le fils d'Abu Jahl, 'Ikrimah, intervint et frappa durement Mou'adh.
À ce moment, Mou'awwidh porta un autre coup à Abu Jahl et le terrassa. « Le Pharaon de cette Oumma (communauté) est-il vraiment mort ? » Ils coururent tous deux vers le Prophète (que la paix soit sur lui) et lui dirent qu'ils avaient tué Abu Jahl. Rasoulullah (le Messager d'Allah) voulut en être sûr. Il ordonna donc aux compagnons de chercher Abu Jahl parmi les morts. Abdallah ibn Mas'oud fut celui qui le trouva. Abu Jahl n'était pas encore mort. Il vivait ses derniers instants. Ibn Mas'oud posa son pied sur son cou et dit : « Ô ennemi d'Allah ! Vois-tu ? Allah t'a humilié. » Même à l'agonie, Abu Jahl était encore arrogant.
Il répondit : « Tu as posé le pied sur un lieu élevé, ô fils de berger. Ce n'est pas nouveau pour un grand homme d'être tué par les siens et sa tribu. Maintenant, dis-moi, qui a la victoire aujourd'hui ? » Ibn Mas'oud dit : « Allah, et Son Messager. » Par ces mots, il l'avait déjà tué spirituellement avant même de l'achever physiquement. Vous souvenez-vous d'Abdallah ibn Mas'oud ? C'est lui qui, un jour, était allé à la Kaaba et avait récité ouvertement la sourate Ar-Rahman pour la première fois. Mais les idolâtres l'avaient immédiatement attaqué et battu presque à mort. Mais maintenant, la situation avait changé.
Il ramassa l'épée d'Abu Jahl à terre et porta le coup fatal qui mit fin à sa vie. Ici, il y avait un autre détail étonnant. Avant que la bataille ne commence, le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) avait montré les endroits exacts où les chefs de la Mecque seraient tués. Et Abu Jahl mourut à l'endroit même qu'il avait décrit. Un autre chef, Oumayyah ibn Khalaf, tomba également exactement là où le Prophète ﷺ avait pointé. Et il en fut de même pour les autres. 'Umar (qu'Allah l'agrée) dirait plus tard : « Je jure par Celui qui l'a envoyé avec la vérité, pas un d'entre eux n'est tombé au-delà de l'endroit où le Messager d'Allah ﷺ avait posé sa main.
» Comme un miracle d'Allah, il avait prédit non seulement qui mourrait, mais aussi où ils mourraient. Une fois que les chefs de la Mecque eurent été tués les uns après les autres, l'armée qurayshite se désintégra. Et les mécréants s'enfuirent pour sauver leur vie sans même regarder derrière eux. En fait, cette scène même avait été prédite dans le Coran des années auparavant. Dans les 44e et 45e versets de la sourate Al-Qamar, Allah dit : « Am yaqoulouna nahnou jami'un mountasir. Sayouhzamoul jam'ou wa youwallouna doubour. » Ce qui signifie : « Ou bien ils disent : "Nous formons un groupe [fort] et nous vaincrons." Leur rassemblement sera bientôt mis en déroute, et ils fuiront.
» Rappelez-vous les jours à la Mecque. Les musulmans étaient si peu nombreux comparés aux mécréants. Ils ont souffert de toutes les manières. Parfois sous un boycott qui dura trois ans. Parfois lapidés et battus, et parfois moqués et humiliés. À une époque où les musulmans étaient encore si faibles, ces versets prédisaient qu'ils obtiendraient bientôt la victoire sur la puissante cité de la Mecque. Il était dit : « Ils tourneront le dos et fuiront. » Cette prophétie, révélée à l'époque de leur plus grande difficulté, prouva une fois de plus la véracité du Coran : qu'il avait été envoyé par Allah. Et Allah tint Sa promesse et leur accorda la victoire.
Chez Towards Eternity, nous avons travaillé sans relâche pour vous offrir cette série visualisée par IA. Et maintenant, InchaAllah (si Dieu le veut), nous voulons produire une nouvelle série sur la vie de nos nobles Prophètes 'Alayhimou s-Salam (que la paix soit sur eux). Des Prophètes comme Moussa, Ibrahim, Youssouf, Younous 'Alayhimou s-Salam (que la paix soit sur eux). Ainsi, vous et votre famille pourrez regarder leurs histoires avec la qualité de production de Towards Eternity. Mais faire une nouvelle série engendre également des coûts importants. IA, voix-off professionnelle et équipement. Et malheureusement, nous ne pouvons plus les couvrir seuls.
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Car Badr n'était pas une bataille ordinaire. Pour les musulmans, ce fut peut-être la bataille la plus cruciale de l'histoire. Parce que leur nombre était très restreint. Et s'ils avaient été vaincus ici, ils seraient devenus encore moins nombreux. Cela aurait donné aux Qurayshites une occasion parfaite pour anéantir complètement les musulmans. Alors, quel a été le bilan du côté ennemi ? Lors de la bataille, 70 hommes des Qurayshites furent tués. Et 70 autres furent faits prisonniers. Alors, qu'allait-on faire d'eux ? Deux conditions furent fixées. « Rasoulullah (le Messager d'Allah) vous offre deux options.
Soit vous paierez une rançon pour gagner votre liberté, soit vous apprendrez à lire et à écrire à 10 enfants de Médine. » Ce n'est qu'à ces conditions qu'ils pouvaient être libérés. Cela montrait à quel point l'Islam valorise le savoir et l'apprentissage. Parmi les captifs se trouvait également l'oncle du Prophète (que la paix soit sur lui), 'Abbas. Il avait combattu du côté des Qurayshites. Comme les autres, il devait soit apprendre à lire et à écrire à 10 enfants, soit payer une rançon. Mais il dit à Rasoulullah (Le Messager d'Allah) : « Je n'ai pas d'argent. » Alors le Messager d'Allah demanda : « Ô 'Abbas, et l'or ?
L'or que tu as donné à ta femme Oumm al-Fadl le jour où tu as quitté la Mecque ? Quand tu le lui as remis, il n'y avait personne d'autre que vous deux. Et tu lui as dit : "Je ne sais pas ce qui va m'arriver dans ce voyage. S'il m'arrive quelque chose et que je ne reviens pas, cet or est pour toi, ceci pour Fadl, ceci pour 'Abdallah, ceci pour 'Oubaydallah, et ceci pour Qoutham." Alors, où est cet or ? » En effet, tout s'était passé exactement comme le Prophète (que la paix soit sur lui) l'avait décrit. 'Abbas fut stupéfait. Il demanda : « Qui t'a dit cela ? » « Par Allah, personne n'était au courant, sauf moi et Oumm al-Fadl.
» Le Prophète (que la paix soit sur lui) répondit : « Allah me l'a dit. » Avant ce moment, on ne savait pas clairement si 'Abbas avait secrètement accepté l'Islam ou non. Il avait encore des doutes. Mais ce jour-là, après avoir été témoin de ce miracle, il devint musulman. « Achhadou an la ilaha illallah, wa achhadou anna Muhammadan Rassouloullah. » Il retourna à la Mecque et garda sa foi secrète. De là, il envoyait secrètement des nouvelles au Prophète (que la paix soit sur lui) et aidait les musulmans dans sa ville. Un autre captif était Souhayl ibn 'Amr. C'était un orateur puissant qui, par le passé, avait parlé durement contre les musulmans.
'Umar (qu'Allah l'agrée) connaissait très bien Souhayl. C'était l'une des figures principales des Qurayshites. Quand 'Umar le vit parmi les captifs, il dit : « Ô Messager d'Allah, permets-moi d'arracher les dents de devant de cet homme, afin qu'il ne puisse plus jamais parler contre toi. » Avec ses paroles puissantes, il encourageait les Qurayshites à s'opposer à nous. Mais le Prophète de la Miséricorde (que la paix soit sur lui) répondit par des paroles dont le vrai sens ne deviendrait clair que des années plus tard : « Laisse-le, ô 'Umar. Il est à espérer qu'un jour il se trouve dans une position qui te réjouira. » Souhayl embrasserait plus tard l'Islam.
Et le jour où le Prophète (que la paix soit sur lui) mourut, alors que la Mecque était submergée par le chagrin, il prononcerait un discours qui apaiserait les cœurs. Alors que tout le monde était dévasté, comme si leur monde entier s'était effondré, les paroles apaisantes de Souhayl apporteraient la paix à la foule. Et ce fut ce jour-là que 'Umar (qu'Allah l'agrée) comprit enfin ce que le Prophète (que la paix soit sur lui) avait voulu dire. Avec cette victoire, les musulmans étaient devenus une force que l'on ne pouvait plus prendre à la légère. Alors qu'à Médine, c'était la joie et la célébration, la Mecque était remplie de tristesse.
La ville avait perdu ses hommes les plus importants sur ce champ de bataille. Abu Lahab était déjà malade et avait vieilli. Le chagrin de cette nouvelle fut plus qu'il ne pouvait en supporter. Consumé par sa rage et son chagrin, il mourut en une semaine. Craignant que sa maladie ne soit contagieuse, même ses propres fils n'approchèrent pas son corps pendant un certain temps. Quand l'odeur devint insupportable, ils traînèrent finalement le corps et l'enterrèrent quelque part. Et ainsi, un autre ennemi farouche de l'Islam disparut. Tout tournait en faveur des musulmans. Après avoir perdu 14 martyrs, les musulmans revinrent de Badr.
La bataille avait été remportée par une victoire écrasante sur les Qurayshites. Et ainsi l'armée était remplie de la joie du triomphe. Mais cette joie ne dura pas longtemps. « Ô Rasoulullah (Messager d'Allah), ta fille, Ruqayyah... est morte. » Quand le Messager d'Allah arriva, il reçut la nouvelle dévastatrice. Il fut profondément bouleversé. Il n'avait même pas pu voir sa fille dans ses derniers instants. Un jour, on demanda au Messager d’Allah (que la paix soit sur lui) quelles sont les personnes les plus durement éprouvées. Il répondit : « Les Prophètes, puis ceux qui leur ressemblent le plus, puis ceux qui leur ressemblent le plus.
» Ce n'était pas la première fois qu'il ressentait la douleur de perdre un enfant. Avant cela, il avait déjà enterré ses fils Qasim et 'Abdallah. Et puis il y avait sa fille aînée, Zaynab. Elle s'était mariée avant l'Islam. Mais son mari, Abou al-'As, n'était pas encore musulman. Le jour de Badr, Abou al-'As était aussi parmi les captifs. Le Messager d'Allah ﷺ le libéra à la condition qu'il envoie Zaynab à Médine. À cette époque, elle était enceinte. Mais, aveuglés par leur haine après Badr, les idolâtres voulurent lui nuire. Au moment où elle s'apprêtait à partir, ils effrayèrent méchamment son chameau, et Zaynab tomba sur un rocher. Elle perdit son bébé.
Elle arriva à Médine dans cet état, et son père la reçut avec une profonde tristesse. Devait-il pleurer la perte de son petit-enfant ou la douleur de sa fille ? La fausse couche de Zaynab laissa des séquelles durables sur sa santé. Et quelques années plus tard, elle aussi mourut. Perdre un seul enfant est une douleur que seuls ceux qui l'ont vécue peuvent vraiment comprendre. Pourtant, Rasoulullah (que la paix soit sur lui) l'a endurée non pas une, mais six fois. Et les épreuves qu'il a affrontées ne se limitaient pas à la perte de ses proches. Allah lui a permis de traverser ces sévères épreuves pour une raison.
Si sa vie avait été exempte de chagrin ou de difficultés, comment aurait-il pu être un véritable exemple pour nous ? Comment aurait-il pu guider ceux qui luttent contre les difficultés de la vie et toute l'humanité ? Depuis plus de 1400 ans, tous ceux de sa Oumma (communauté) qui ont fait face à des épreuves ont trouvé du réconfort dans sa Sira (biographie). Chacun pouvait voir sa propre douleur reflétée dans sa vie. Et l'une des qualités les plus remarquables du Messager d'Allah ﷺ était que, malgré toutes les difficultés qu'il a traversées, il pouvait encore sourire. Il ouvrait son cœur à son Seigneur, déversait ses soucis et cherchait refuge en Lui.
Il voyait le bien en toute chose et regardait toujours le côté positif. Il pensait avec beauté et espoir. Et c'est ainsi qu'il a pu laisser ses chagrins derrière lui. Il pouvait se concentrer sur les nouvelles bénédictions qu'Allah lui envoyait et y trouver du réconfort. L'une de ces bénédictions fut le mariage de sa fille bien-aimée Fatima. Parmi tous les gens, c'était elle qui ressemblait le plus au Messager d'Allah ﷺ. Et elle allait épouser Ali (qu'Allah l'agrée), celui que le Prophète (que la paix soit sur lui) lui-même avait élevé et instruit depuis l'enfance. La lignée bénie du Messager d'Allah ﷺ allait se perpétuer à travers Fatima et Ali (qu'Allah les agrée tous deux).
Avec un mariage très simple et modeste, sans aucune ostentation ni extravagance, un foyer paisible et aimant fut construit. Et ce foyer fut béni par la naissance de deux beaux enfants, Hassan et Hussein. Le Prophète (que la paix soit sur lui) témoigna à ses petits-fils un amour et une compassion sans pareils. Le Messager d'Allah ﷺ faisait son prêche quand il remarqua Hassan et Hussein qui titubaient là, devant tout le monde. Il descendit de la chaire, les prit dans ses bras, puis remonta. Pendant que Rasoulullah était en prosternation durant la prière, Hassan grimpa sur son dos. Et il resta en prosternation plus longtemps juste pour ne pas interrompre son jeu.
Il disait : « Ils sont mes deux fleurs parfumées de ce monde. » Il les embrassait sur la tête et le cou, respirait leur parfum et les serrait contre lui. Une telle affection, surtout pour cette époque, était extrêmement rare. Un jour, un homme vit le Prophète (que la paix soit sur lui) embrasser Hassan et demanda : « Embrassez-vous vos enfants ? J'ai dix enfants, et je n'en ai jamais embrassé aucun. » Le Messager d'Allah (que la paix soit sur lui) répondit : « Celui qui n'est pas miséricordieux envers les autres ne recevra pas de miséricorde. » Il n'avait pas seulement de la compassion pour ses petits-fils ; il la montrait à tous les enfants.
Quand le Prophète (que la paix soit sur lui) émigra à Médine, un garçon de 12 ans nommé Anas ibn Malik fut amené pour l'aider dans les tâches quotidiennes. Rasoulullah (que la paix soit sur lui) construisit une telle confiance en lui, l'éleva avec tant de soin et de bonté qu'Anas devint un homme extraordinaire. À travers lui, Rasoulullah ﷺ montra un autre bel exemple de la manière d'élever un enfant. Anas (qu'Allah l'agrée) dirait plus tard : « Le Prophète ne m'a jamais dit une parole dure.
Et il ne m'a jamais dit, à propos de quoi que ce soit que j'aie fait : "Pourquoi as-tu fait cela ?" ou à propos de quoi que ce soit que je n'aie pas fait : "Pourquoi n'as-tu pas fait cela ?" » Il servit le Prophète et resta sous sa tutelle pendant 10 ans. Anas devint alors l'un des compagnons les plus savants et respectés. Rasoulullah (que la paix soit sur lui) maria sa fille Fatima à Ali (qu'Allah l'agrée), qui était connu et loué pour son courage, sa profonde connaissance et sa sagesse. Et il maria sa fille Oumm Koulthoum à 'Outhman (qu'Allah l'agrée), celui qu'il appelait « mon compagnon au Paradis ».
'Outhman était si modeste que même les anges admiraient sa modestie et éprouvaient de la pudeur devant lui. C'était un compagnon hautement respecté et il avait l'honneur unique d'être devenu deux fois le gendre du Prophète (que la paix soit sur lui). Ainsi, le Messager d'Allah ﷺ maria ses deux fleurs bien-aimées à deux des hommes les plus vertueux sur Terre. Mais qu'en est-il du Prophète (que la paix soit sur lui) lui-même ? S'est-il remarié après Khadija (qu'Allah l'agrée) ? Quand le Prophète (que la paix soit sur lui) émigra à Médine, il trouva une communauté musulmane nombreuse et croissante. Et bien sûr, elle n'était pas composée que d'hommes.
Il y avait aussi de nombreuses femmes parmi les compagnons. Elles aussi voulaient vivre et apprendre la religion. Mais il n'était pas approprié que le Prophète (que la paix soit sur lui) interagisse personnellement et fréquemment avec les femmes. De plus, elles ne pouvaient pas lui poser librement toutes leurs questions. Après tout, c'était un homme, et il y avait des choses qu'elles étaient gênées de demander. Elles avaient donc besoin de femmes auprès de qui apprendre. Et ces femmes seraient les épouses du Prophète (que la paix soit sur lui), qui agiraient comme enseignantes pour les femmes de l'Oumma.
Elles pouvaient demander à ses épouses des choses qu'elles ne pouvaient pas demander au Prophète (que la paix soit sur lui) et apprendre d'elles quand elles le souhaitaient. Les compagnons passaient leurs journées à observer les paroles et le comportement de Rasoulullah (le Messager d'Allah). Mais ils ne pouvaient pas voir comment il vivait chez lui, sa vie de famille. C'étaient ses épouses qui partageraient ces aspects de sa vie avec les gens. C'est pourquoi, alors qu'à la Mecque, Rasoulullah (que la paix soit sur lui) vécut pendant environ 25 ans avec une seule épouse. Mais après avoir émigré à Médine, il vécut avec plusieurs épouses.
Malheureusement, certains ennemis de l'Islam ont tenté de le calomnier, prétendant qu'il était motivé par la convoitise. Ma'azallah (qu'Allah nous en préserve). Comme ils ne trouvaient aucun autre moyen de réfuter sa prophétie, ils eurent recours à de telles accusations. Mais la façon dont il a vécu sa vie réfute complètement cette allégation. À l'âge de 25 ans, alors qu'il était admiré par beaucoup dans la tribu, il épousa une femme de 40 ans, Khadija (qu'Allah l'agrée). S'il avait voulu, il n'y avait pratiquement personne qui n'aurait pas voulu lui donner sa fille en mariage. Et jusqu'à l'âge de 50 ans, il n'épousa personne d'autre.
Le désir charnel, cependant, est plus fort chez une personne entre 15 et 40 ans. Et durant cette période même, il vécut avec une seule épouse et donna un exemple parfait de chasteté et de moralité. Ce n'est qu'après l'âge de 50 ans qu'il commença une vie avec plusieurs épouses. Et la raison en était clairement l'éducation religieuse. La moitié de l'Oumma (communauté) était constituée de femmes, et l'autre moitié, les hommes, étaient élevés par des femmes. Il était donc extrêmement important d'éduquer les femmes musulmanes. C'est pourquoi le Prophète (que la paix soit sur lui) avait besoin d'épouses ayant différentes capacités et qualités.
En fait, c'était un besoin crucial, car près de la moitié de notre religion fut enseignée aux gens par les épouses du Prophète (que la paix soit sur lui). Et parmi elles, celle qui joua le plus grand rôle fut notre mère 'Aïcha (qu'Allah l'agrée). C'était une femme exceptionnellement intelligente et capable. Chaque fois que les compagnons étaient confrontés à une question religieuse qu'ils ne pouvaient résoudre ou comprendre, ils allaient la voir et l'interrogeaient derrière un rideau.
Par exemple, Abou Moussa al-Ach'ari, un compagnon connu pour sa connaissance du Coran et du Hadith, dit un jour : « Nous, les compagnons, chaque fois que nous avions besoin d'éclaircissements et que nous interrogions 'Aïcha (qu'Allah l'agrée), nous trouvions qu'elle avait connaissance du sujet. » Elle consacra sa jeunesse et toutes ses capacités à apprendre l'Islam plus profondément. Ainsi, après la mort du Prophète (que la paix soit sur lui), elle resta une source de savoir pendant 46 ans. Quelqu'un à qui les gens pouvaient toujours s'adresser avec leurs questions. En réalité, c'est quelque chose de capital pour nous. Notre religion a deux sources principales.
L'une est le Coran, et l'autre est la vie du Prophète (que la paix soit sur lui), sa voie — en bref, sa Sounna (tradition). Si vous vouliez savoir quelque chose sur le Messager d'Allah de son vivant, vous pouviez simplement le lui demander. Mais qu'en est-il après sa mort ? Il fallait se tourner vers ceux qui le connaissaient le mieux. Ses plus proches. Ses épouses. Celles qui avaient été témoins de chaque instant de sa vie. Et notre mère 'Aïcha fut l'un des sept compagnons qui rapportèrent le plus de hadiths. Imaginez. Si toutes les épouses du Prophète (que la paix soit sur lui) étaient mortes seulement quelques années après lui, cela n'aurait-il pas laissé un énorme vide ?
Une autre chose étrange est que, comme nous l'avons dit plus tôt, parce que le Prophète (que la paix soit sur lui) avait plusieurs épouses, certaines personnes l'accusent de convoitise. Mais ces gens ne regardent pas tous ses mariages. Il épousa des femmes qui avaient la quarantaine ou la cinquantaine. Des veuves vivant avec leurs enfants. Par ces mariages, il devint une figure paternelle pour 12 enfants orphelins, prenant la responsabilité de leur soin. Aujourd'hui, les gens hésitent même à épouser une veuve avec un seul enfant. Et même s'ils le font, la manière dont ils remplissent le rôle de père est une autre question.
Pourtant, tous ces 12 enfants admiraient le Prophète (que la paix soit sur lui). Alors qu'il portait une responsabilité aussi extraordinaire, ses mariages pouvaient-ils avoir quoi que ce soit à voir avec la convoitise ? Je vous laisse en juger. Alors, comment était la relation du Prophète (que la paix soit sur lui) avec ses épouses dans tous ces mariages ? Normalement, un leader ou un dirigeant a des dizaines, voire des centaines de sujets à traiter, n'est-ce pas ? Et souvent, il n'a pas assez de temps pour beaucoup d'entre eux. Surtout en ce qui concerne sa propre famille, il doit souvent faire beaucoup de sacrifices.
Mais le Messager d'Allah ﷺ avait un sens incroyable de la gestion du temps. Pensez-y. Il y avait constamment des tensions politiques avec la Mecque. Et il devait toujours être préparé et vigilant à leur égard. En même temps, à l'intérieur même de Médine, il y avait de nombreux facteurs politiques qui cherchaient à causer des problèmes. Surtout les activités des hypocrites et les problèmes causés par les juifs. Nous verrons ces deux aspects plus clairement dans les épisodes suivants. Il devait aussi gérer ces défis. Et en même temps, il devait garder un œil sur les autres tribus arabes et les États voisins également.
Et par-dessus tout cela, il devait diriger la prière à la Mosquée cinq fois par jour. Tout en répondant aux questions de dizaines de compagnons. Il devait leur enseigner. En temps de guerre, il menait l'armée. Chaque nuit, il interrompait son sommeil pour se lever en prière. Il vécut une vie d'adoration que personne de sa Oumma (communauté) n'a surpassée en 1400 ans. Croyez-moi, en parcourant les pages de la Sira (biographie), cette liste ne cesse de s'allonger. Il devait remplir toutes ces responsabilités avec succès. Et il l'a vraiment fait. Alors, avec une vie aussi chargée, combien de temps et d'attention pensez-vous qu'un homme pouvait accorder à ses épouses ?
Il leur témoigna tellement d'attention et de soin qu'après 1400 ans, personne n'a atteint ce niveau. Malgré une liste interminable de devoirs, comment pouvait-il encore trouver le temps de faire une course avec 'Aïcha de temps en temps ? Quand Safiyyah s'apprêtait à monter sur son chameau, le Messager d'Allah se penchait et offrait son genou comme marchepied. Avec toutes les responsabilités qu'il portait, comment pouvait-il penser à un geste aussi attentionné ? Une fois, notre mère 'Aïcha s'est fâchée contre le Prophète (que la paix soit sur lui) et a élevé la voix. Quand son père Abou Bakr entendit cela de l'extérieur, il se fâcha et voulut la frapper.
Alors, que fit le Prophète (que la paix soit sur lui) ? Il l'arrêta, le renvoya, puis dit en plaisantant à 'Aïcha (qu'Allah l'agrée) : « As-tu vu comment je t'ai sauvée de cet homme ? » Il fit preuve d'un niveau de patience et de gentillesse impossible à trouver chez un autre homme. Loin de se fâcher ou de lever la main, il plaisanta même. D'un côté, il y a des hommes qui ne demandent jamais l'avis de leur femme, même pas sur des sujets qui les concernent. De l'autre côté, nous voyons le Messager d'Allah ﷺ qui consultait ses épouses et agissait selon leurs conseils même dans des affaires cruciales. Il disait à ses épouses qu'il les aimait.
Il louait leurs bonnes qualités, les appréciait et leur faisait sentir qu'elles avaient de la valeur. Alors qu'il recevait la révélation d'Allah, qu'il s'entretenait avec Jibril, alors que les anges se tenaient devant lui avec respect, comment pouvait-il encore témoigner une telle bonté à toutes ses épouses ? La réponse est simple. Parce qu'il était le meilleur exemple envoyé par Allah. À travers l'histoire, chaque personne célèbre a été un exemple dans seulement deux ou trois de ses qualités. Mais le Prophète (que la paix soit sur lui) était un exemple parfait dans chacune de ses qualités. Dans son caractère, ses manières, tout. Et savez-vous ce qu'il y a de plus remarquable ?
Même dans les qualités qui se trouvent rarement ensemble à un haut niveau, il était aussi le meilleur exemple. Qu'entends-je par là ? Par exemple, si une personne est très compatissante, on peut remarquer une certaine faiblesse dans son sens de la justice. Ou si le sens de la justice de quelqu'un est très fort, on peut voir un manque de compassion. Mais il excellait dans les deux qualités à la fois. Si une personne est très audacieuse et courageuse, on ne s'attend généralement pas à ce qu'elle reste calme et douce quand il le faut. Et si quelqu'un est calme et doux, il n'agit généralement pas avec audace quand le moment vient.
Mais encore une fois, le Prophète (que la paix soit sur lui) surpassa tout le monde dans ces deux qualités. De même, si quelqu'un est toujours prompt à agir, on ne s'attend pas à ce qu'il soit prudent. Et si quelqu'un est très prudent, on le voit rarement prendre des actions rapides ou audacieuses. Mais encore une fois, Rasoulullah (le Messager d'Allah) était en avance sur tout le monde dans les deux. C'était un homme de paix, tout en montrant en même temps la plus forte haine pour la cause d'Allah. Il était extrêmement économe, mais aussi extrêmement généreux. Et ainsi de suite.
Quand Bediuzzaman Said Nursi fit cette comparaison, il décrivit cet aspect du Messager d'Allah comme « le miracle des miracles ». Maintenant que nous avons jeté un coup d'œil à la vie familiale et au caractère du Messager d'Allah ﷺ, tournons-nous vers ce qui s'est passé après Badr. Si vous vous souvenez, l'un des plus grands défis du Prophète (que la paix soit sur lui) était d'éviter les divisions parmi les gens à Médine. Il a également été mentionné que les tribus juives causeraient beaucoup de problèmes à cet égard. Ainsi, pour prévenir d'éventuels conflits et vivre ensemble en paix, le Prophète (que la paix soit sur lui) prépara un traité après l'Hégire (la migration).
Et ils y consentirent. Mais après Badr, la tension commença à monter parmi les tribus juives de Médine. La victoire des musulmans fit ressortir la jalousie et la haine cachées dans leurs cœurs. Ils commencèrent à réciter des poèmes qui insultaient le Prophète (que la paix soit sur lui) et les musulmans. Ils essayaient aussi d'autres moyens de les provoquer. Mais ensuite, ils firent quelque chose qui franchit la ligne. Un jour, la femme d'un musulman entra dans une bijouterie tenue par un juif de la tribu des Banu Qaynouqa. Elle s'était voilé le visage par pudeur. Pendant qu'elle était assise là, certains des juifs commencèrent à l'importuner et tentèrent de lui découvrir le visage.
Comme elle refusait, l'un d'eux vint par derrière et attacha une partie de ses vêtements à l'autre avec une épine. Quand elle se leva, sa jupe s'ouvrit soudainement. Et les juifs éclatèrent de rire devant cet acte dégoûtant. La musulmane cria de saisissement. Entendant son cri, l'un des compagnons se précipita dans la boutique. Rempli de colère, il attrapa le juif par le cou, et dans la bagarre qui s'ensuivit, il le tua. Puis les autres juifs attaquèrent le compagnon et le battirent à mort. Il fut martyrisé. La nouvelle de cet incident parvint rapidement au Messager d'Allah (que la paix soit sur lui). Sans délai, Rasoulullah (le Messager d'Allah) rassembla les Banu Qaynouqa et leur parla.
Il leur ordonna fermement de cesser de causer des problèmes et leur comportement arrogant et irrespectueux, puis les invita à l'Islam. Mais au lieu d'écouter et de se corriger, ils répondirent avec arrogance. « Ô Muhammad ! Ne te laisse pas tromper par ta victoire sur des gens qui ne connaissent rien à la guerre. Nous ne sommes pas comme eux. Nous sommes des combattants habiles. Si tu oses nous affronter, tu verras quel genre d'hommes nous sommes. » Après ce défi ouvert, ils partirent. Ils avaient rompu le traité de Médine. Le Prophète (que la paix soit sur lui) rassembla immédiatement ses compagnons et leur ordonna de se préparer au combat. Il allait répondre à leur défi.
Nous verrons cette même attitude à plusieurs reprises dans la Sira (biographie). Chaque fois que quelqu'un essayait d'intimider les musulmans ou de les défier, quelle que soit la taille de l'ennemi — même s'ils avaient une armée de cent mille hommes — le Prophète (que la paix soit sur lui) ne reculait jamais. Il leur faisait face sans crainte et montrait le courage et la force des musulmans. Il acheva les préparatifs et marcha contre les Banu Qaynouqa. Ces juifs avaient une forteresse solide. Quand ils apprirent que le Prophète (que la paix soit sur lui) arrivait, ils s'y retirèrent. Les Banu Qaynouqa comptaient environ 700 combattants, dont 300 portaient des armures.
Et ils décidèrent de se défendre depuis l'intérieur de leur forteresse. Et ils y restèrent environ 15 jours. Incapables d'en sortir. Et quand ils réalisèrent qu'ils ne pouvaient plus résister aux musulmans, la peur les envahit et ils acceptèrent de se rendre. Ils capitulèrent sans combattre. Même si le Prophète (que la paix soit sur lui) aurait pu ordonner leur exécution, il leur laissa la vie sauve et leur donna trois jours pour quitter Médine. Et ainsi, la tribu des Banu Qaynouqa fut expulsée de Médine comme punition pour avoir rompu le traité. Pendant que tout cela se passait à Médine, la situation à la Mecque devenait de plus en plus tendue.
Après que les figures principales des Qurayshites eurent été tuées à Badr, Abu Sufyan devint leur nouveau chef. Les Qurayshites brûlaient d'un désir féroce de vengeance. Jurant de venger la défaite, Abu Sufyan s'approcha de Médine avec 200 cavaliers. Il recueillit des informations sur les musulmans auprès de certains juifs de là-bas. Et dans un endroit appelé 'Ourayd, près de Médine, il brûla deux maisons et plusieurs palmeraies, et martyrisa deux musulmans. Mais quand il apprit que 200 musulmans marchaient vers lui, il s'enfuit rapidement. Par cet acte, Abu Sufyan pensa avoir pris sa revanche. Mais bien sûr, les Qurayshites ne s'arrêteraient pas là.
Ceux qui avaient perdu leurs proches à Badr brûlaient toujours de colère. Finalement, le moment qu'ils attendaient arriva. Leur caravane commerciale revint. Ils rassemblèrent les bénéfices en un seul endroit et demandèrent de l'aide aux tribus voisines. Et puis, ils commencèrent à planifier leur attaque avec grand soin. Poussés par leur soif de vengeance, les Qurayshites rassemblèrent une armée de 3000 hommes. Une bataille féroce se profilait à l'horizon. Que se passerait-il cette fois ? Qui gagnerait ? La bataille d'Uhud, que le Prophète (que la paix soit sur lui) appela « l'un des deux jours les plus durs de ma vie », nous attend dans le prochain épisode. Restez à l'écoute.